Marc Peyres, Blue Whale :

« Il faut bien faire la différence entre vendre et expédier des pommes »

Marc Peyres, directeur commercial et marketing export de la société Blue Whale, fait bien la différence entre « vendre » et « expédier ». « Vendre, c’est vendre avec des prix qui permettent de rémunérer correctement les producteurs. Expédier, c’est se débarrasser de la marchandise. Quand on envoie des pommes en Egypte, en Inde ou en Chine à des prix très bas, c’est expédier, pas vendre. Actuellement dans certains pays, dans des situations de stocks très importants, les opérateurs sont obligés d’expédier à très bas prix. »

Avec comme objectif de vendre au lieu d’expédier, la France a restructuré son verger il y a 15 ans. « On a réduit la production et changé de variétés. Un très gros effort a été réalisé par nos producteurs. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la qualité. La France produit d’une manière très différente par rapport aux autres pays européens. Globalement les marchés sont bas en ce moment, mais la dimension variétale et qualitative joue quand-même. Nous ne vendons pas nos pommes aux prix extrêmement bas de la pomme polonaise par exemple. »

Campagne particulière pour Blue Whale
Cette année Blue Whale a une petite récolte, avec moins de fruits, dans le sud-ouest notamment. « On a moins de volumes que l’année dernière, ce qui est assez différent de beaucoup de pays européens, qui ont une grosse récolte cette année. »

L’année dernière, la récolte de pommes européennes était très faible. « A la fin de la saison dernière le marché était vide et les prix élevés, avec une demande importante au début de cette saison. On a saisi l’opportunité de vendre une plus forte proportion de nos pommes en début de saison. On a fait également ce choix vis-à-vis des températures élevées que l’on a eu pendant l’été. Nous n’avions effectivement pas confiance en la bonne conservation de certaines variétés d’été comme la Royal Gala. Dans l’ensemble, c’est une saison décevante, parce qu’il nous manque des volumes dans ce contexte européen de surproduction. Mais en termes de prix, la saison s’est mieux passée que ce que l’on avait anticipé. »

Blue Whale a presque terminé les stocks de Gala, de Granny Smith et des variétés rouges. « Il ne nous reste pratiquement que des variétés franco-françaises qui marchent plutôt bien, comme la Chantecler et la Canada Gris. Il nous reste aussi nos Pink Lady et nos Joya. Les ventes de la Pink Lady se passent très bien pour l’instant, avec une belle qualité. La Joya a démarré il y a 15 jours. Maintenant on assiste à une accélération des ventes, encore mieux que les années précédentes. » Blue Whale vend ses Fuji plus chères que l’année dernière. « Il y a une bonne demande pour les belles Fuji. La récolte est 30 % inférieure à une année normale. Ceci explique cela ! »

« Sur l’ensemble du marché européen, les ventes sont très compliquées et assez lentes », raconte Marc. « On vend moins sur le marché européen, que ce soit le nord ou le sud. Mais comme on a moins de pommes à vendre, nous ne sommes pas trop affectés par cette dramatique situation. Si nous avions encore un gros stock aujourd’hui, nous serions très inquiets. »


L'équipe de Blue Whale au Fruit Logistica

La variété miracle
Il y a beaucoup de variétés maintenant, soit anciennes, soit nouvelles. « Tout le monde pense avoir la variété miracle, mais la réalité est que le consommateur va trier les variétés, notamment sur ses qualités gustatives pour lesquelles il est prêt à payer. Pas toutes les variétés annoncées ont un intérêt par rapport à celles que l’on a actuellement. »

Conditions favorables sur le marché chinois
Blue Whale vend une petite partie de ses volumes en Chine. « Les taxes sur les pommes américaines ont facilité l’export vers la Chine, ainsi que la récolte chinoise qui était 30 % inférieure à une année normale. Le prix local est plus cher, et on en a bénéficié cette année. Mais pour nous, la Chine reste un marché de niche et participe finalement peu au résultat final, contrairement à ce que l’on peut parfois imaginer. »

Le goût asiatique
« Les pommes polonaises sont vendues à des prix si bas sur le marché asiatique, ce n’est pas économiquement viable », dit Marc. « Il n’y a pas de rentabilité, pas d’intérêt. Aujourd’hui en Europe, on ne produit pas les variétés avec lesquelles nous pouvons développer un marché en Asie. La majorité des pommes produites en Europe ne sont pas adaptées au goût asiatique. On pourra vendre plus en Asie que quand nous aurons développé de nouvelles variétés adaptées à ce marché , mais ce ne sont pas toujours celles qui ont du succès en Europe, d’où la difficulté. Avec les variétés qu’on a aujourd’hui pour l’essentiel en Europe, notre potentiel à l’export en Asie est très limité en termes de développement des volumes à prix décents. »

Pour plus d’informations :
Marc Peyres
Blue Whale
1205 Avenue de Falguières
82004 Montauban Cedex
Tél : +33 (0)5 63 21 56 56
marc@blue-whale.com 
www.blue-whale.com  


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