« Le marché belge de la poire est catastrophique en cette période »

En 2015, Kris Wouters a commencé à cultiver des poires QTee dans son verger de Rummen, en Belgique. Il y cultive la nouvelle variété en plus de ses poires Conference afin d’accroître la diversité de sa production.

Kris est un producteur de fruits en activité depuis 1985, lorsque le premier croisement entre la Williams et Colorée de Juillet a donné la poire Celina. QTee est le nom de marque de Celina. Des années plus tard, en 2011, Kris a acheté 50 % de la licence pour la production de cette poire. L'autre moitié appartenant au groupe ABCz.

Au cours des dernières années, la superficie de la poire QTee a considérablement augmenté. L'année dernière, Kris a récolté une superficie de 125 hectares de poires QTee en Belgique. De nouvelles zones sont également plantées dans d'autres pays européens, tels que la Slovaquie, la Norvège, la Suisse et l'Espagne. De nouvelles zones sont prévues en France, en Italie et en Autriche. En dehors de l'Europe, en Afrique du Sud, en Australie et au Maroc, des espaces ont également été plantées avec QTee. Au total, environ 550 hectares sont maintenant disponibles et les arbres peuvent commencer à produire dès leur deuxième année.

Il n'est pas surprenant que la poire soit également cultivée en Afrique du Sud, étant donné les similitudes entre les poires Qtee et les poires Forelle. Elles ont toutes les deux des rougeurs et une peau lisse. QTee est la seule poire rouge dans l’hémisphère Nord.

« L'année dernière, nous avons récolté environ 3 500 tonnes de poires QTee ; nous avons soudainement eu un gros volume à vendre. L'avantage de QTee est qu'elles peuvent être cueillies 16 à 18 jours plus tôt que la poire Conference, bien que leur durée de vie soit moins longue (elles peuvent être vendues jusqu'à la mi-novembre). Heureusement, les ventes ont été bonnes en 2018. Les gros calibres ont été vendus dans des supermarchés aux Pays-Bas, en Belgique, en Suède, au Royaume-Uni et en Allemagne. Toutefois, nous avons eu beaucoup de poires de petite taille l'année dernière car les rendements des arbres étaient énormes. Nous avons heureusement réussi à les exporter vers le Moyen-Orient, bien que ça n'est pas été facile, cette région n'étant pas friande de nouveaux produits. C'est pour cette raison que nous ne vendons pas nos poires Conférence sur ce marché. QTee a néanmoins l'avantage de ressembler aux variétés de poires consommées dans la région. Nous avons donc réussi à y vendre les QTee, mais non sans quelques difficultés. » 

Kris indique que les QTee sont idéales pour vendre par la même occasion des poires Conférence au Moyen-Orient : au total, il a exporté ses récoltes de l'année dernière dans 21 pays différents. Il n'est pas encore sûr de ce que cette année lui réservera : « Cette année est actuellement à l'opposé de l'année dernière ; le temps est extrêmement froid. Il faudra donc attendre et voir ce qu'il va se passer. Si tout se déroule comme prévu, nous récolterons de 3 000 à 4 000 tonnes de poires QTee. Mais nous sommes tributaires des conditions météorologiques et c'est redevenu une évidence lorsque la grêle, entre autres choses, a endommagé la région. »

Cela ne se passe pas aussi bien avec la poire Conférence mais ce n'est pas pour cette raison que Kris à décidé de cultiver une nouvelle variété de poire. A l'époque, avec un master en sciences agricoles en poche, Kris était déjà conscient du danger que représentait la culture d'une seule variété pour la plupart des clients. « Nous avions déjà vu avec la Jonagold que toutes les bonnes choses doivent prendre fin. La Conférence a bien marché et ce pendant un long moment, mais cela ne pouvait pas durer éternellement. C'est pourquoi j'ai commencé à chercher une alternative assez tôt. Ajouté à ça le fait que de plus en plus de producteurs aient commencé à planter de plus en plus de Conference, le marché était bon, après tout. Mais cela a changé en raison de circonstances politiques : le boycott de la Russie, l'un des plus importants marchés de vente des poires néerlandaises et belges. Le marché a donc maintenant un approvisionnement trop important en poires. » Bien que le boycott ait été mis en place en 2014, les contrôles sur les produits importés en Russie sont devenus beaucoup trop strictes ces dernières années et le marché est actuellement fermé pour les pays touchés par le boycott. »

C'est aussi très difficile de trouver un marché de remplacement : « Il est très difficile de trouver un marché de substitution. La demande du Brésil et de la Chine a augmenté mais il s’agit d’un processus très progressif, qui ne suffit pas pour équilibrer la demande avec l’offre de la Conference en Europe. »

Néanmoins, Kris ne tient pas la Russie pour seule responsable de la  catastrophe du marché des poires. Selon lui, l'UE est partiellement responsable des conditions du marché actuel. « Un grand nombre de producteurs vendent leurs poires à des prix inférieurs à leurs prix de revient, et il ne leur reste pratiquement plus de réserves. C'est en partie à cause de la politique que l'UE a menée il y a des années. Par exemple, des subventions ont été accordées au pays d'Europe de l’Est lors de leur adhésion à l’UE. Le but était de rendre ces pays autonomes dans leur production de fruits mais ces aides ont été excessives, ce qui a entraîné une surproduction et une saturation du marché. La volonté de l'UE, d'ajuster l'offre à la demande, aurait pu être une bonne idée, mais dans la pratique ça a eu l'effet inverse : un marché de la demande et de l'offre totalement déséquilibré. Sans oublier le boycott russe, dont le secteur agricole a dû payer les frais et plus particulièrement la filière des fruits.  Si les sanctions avaient affecté l'industrie automobile européenne, l'UE aurait réagi beaucoup plus tôt que ce n'est le cas actuellement. »

Kris est pessimiste quant à l'avenir du secteur de la production de fruits au Benelux, et cela le concerne personnellement, en particulier pour les poires. « J'ai toujours eu plus de poires que de pommes. Les poires ont juste besoin de plus d'attention et elles sont plus faciles à cultiver en Europe du Nord qu'en Méditerranée où le climat est meilleur pour les pommes et avec lequel il est difficile de rivaliser. En regardant des pommes même qualité qu'en Europe du Nord, elles peuvent être cultivées moins chères en Pologne. »

Des facteurs comme la météo et la prise de décision politique ont donc beaucoup d'influence sur la production de fruits. Avec la poire QTee, Kris a réussi à relever des défis majeurs dans le secteur de la poire en temps voulu. Cependant, ce n'est pas au secteur de la production de fruits de trouver un solution. 

Pour plus d'informations : 
Kris Wouters
Woutersfruit
Kasteellaan 21
3454 Rummen
Cell : 3211586190
Tel : +32475283696
kris@woutersfruit.be  
www.qtee-pear.com  


Date de publication:
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