Recrudescence d’agriculteurs belges cultivant illégalement la pomme de terre dans l’Oise

Dans les Hauts-de-France, un grand nombre d’agriculteurs belges sous-louent des parcelles françaises à prix d’or afin de répondre à un marché en pleine expansion. 

Après le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme, c’est le département de l’Oise qui voit désormais ce phénomène prendre de l’ampleur. Un agriculteur de la région témoigne : « On les voit arriver avec leur camion et leur matériel. Et ils plantent, pendant 15 jours, 24 heures sur 24. Et en septembre, ils repartent avec la récolte en camions. »

Thierry Dupeuble, directeur adjoint de la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (Draaf) des Hauts-de-France confirme que le phénomène « s’accélère depuis un ou deux ans ».

C’est pour répondre à la consommation de frites et de chips de l’autre côté de l’hémisphère, au Brésil, en Afrique du Sud, au Mexique ou encore en Indonésie que les agriculteurs belges sont prêt à braver la loi française. La Draaf estime à une dizaine de milliers d’hectares les parcelles en sous-location dans la région.

La pratique du « contrat patate » permet à des exploitants de cultiver une parcelle déjà louée à un agriculteur français à l’insu du propriétaire. Si un fermier loue son hectare une centaine d’euros, les industriels belges peuvent alors proposer « entre 1 200 et 1 500 € » pour la même parcelle.

Laurent Degenne, président du syndicat agricole, FRSEA Hauts-de-France précise que « ils n’ont pas d’intérêt à devenir eux-mêmes locataires en France. Ce qui les intéresse, c’est la quantité. Ils produisent pendant un an et l’année d’après, ils vont sous-louer une autre parcelle ailleurs. » Ainsi, ils n’ont pas à se soucier de la rotation des cultures. « C’est de l’agriculture délocalisée, car après, toute la transformation se fait dans des usines de l’autre côté de la frontière », précise-t-il.

Sujet relativement tabou, cette pratique est comprise par la plupart des agriculteurs. Beaucoup évoquent comme motif la précarité du métier. Selon une étude de la Mutualité sociale agricole (MSA) de 2016, un tiers des agriculteurs français touche moins de 350 € par mois. « Quelqu’un arrive, leur propose de l’argent, ils acceptent mais faut pas leur jeter la pierre, estime un agriculteur. Ce sont des gars qui cherchent une bouffée d’air financière. »

Si la sous-location est repérée, les agriculteurs risquent la résiliation de leur bail. « Il y a des producteurs belges qui cherchent à louer des terres et qui en trouvent, reconnaît Romain Cools, secrétaire général de l’association belge des professionnels de la filière Belgapom. Ce n’est pas légal, mais ce sont les agriculteurs qui font l’erreur de louer. »

Si le phénomène reste marginal, la pratique inquiète, en particulier au niveau sanitaire. Certains affirment que des pesticides non homologués en France sont utilisés sur les parcelles même si, pour le moment, aucun produit interdit dans l’Hexagone n’a été retrouvé lors de contrôles, indique-t-on à la Draaf.


Source : www.leparisien.fr


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