L’état français s’oppose aux arrêtés municipaux anti-pesticides

Depuis le mois de mai, plusieurs maires du Nord ont pris des arrêtés municipaux pour encadrer l'utilisation des pesticides. Si les riverains saluent cette démarche, l’Etat quant à lui rappelle que ces décisions sont illégales.

Tout à commencé par un courrier de représentants de parents de l’école maternelle d’Angor envoyé à l'Agence régionale de santé : « On avait constaté qu'un agriculteur néerlandais cultivait des pommes de terre à moins de 100 mètres de l'école et appliquait des pesticides assez souvent. Etant donnée l'actualité récente relatant différents cas de cancers juvéniles inexpliqués en Loire-Atlantique (Sainte-Pazanne), il est de notre devoir d'être vigilants par rapport à l'environnement dans lequel nos enfants évoluent. », raconte Jérôme Brechoire.

Le maire d’Ohain publie alors un arrêté municipal afin d'encadrer l'utilisation des pesticides. Il est suivi quelques jours plus tard par les maires de Trélon, Anor, Moustier-en-Fagne et Wignehies. Ils demandent aux agriculteurs de déclarer les traitements 48 heures à l'avance et les interdit à moins de 100 mètres des lotissements, crèches et écoles. « Il y a urgence à protéger les intérêts sanitaires des personnes susceptibles d'entrer en contact avec ces produits de traitements », justifie dans son arrêté François Louvegnies, maire de Trélon.

On estime que la problématique des pesticides est liée à l'arrivée de l'agriculture intensive de pommes de terre, parfois en sous-location et illégale, portée par un marché en croissance et la rareté des terres de l'autre côté de la frontière. « On retourne les prairies sans autorisation, on arrache les haies et on inonde de pesticides à proximité des habitations », déclare le maire d’Ohain.

Jean Christophe Rufin, vice-président du syndicat agricole FDSEA dans le Nord, estime que ces arrêtés sont « inapplicables » relevant du « populisme en période électorale ».

Début juillet, le sous-préfet d'Avesnes-sur-Helpe a jugé ces décisions illégales et a donné deux mois aux maires pour les retirer, afin d'éviter de porter l'affaire devant le tribunal administratif. « Un maire ne peut pas décider de limiter ou d'interdire l'usage des pesticides sur sa commune. La seule autorité compétente c'est le préfet », rappelle Alexander Grimaud.

Certains maires ont décidé de faire de la résistance en maintenant leurs arrêtés municipaux. « C'est touristique parce que c'est beau. Si demain, il n'y a plus que des champs de pommes de terre, les gens ne viendront plus », redoute Fabrice Preux, délégué local LFI. Le samedi 20 juillet, en soutien aux arrêtés anti-pesticides, un rassemblement citoyen est organisé par le collectif à 10h, devant la sous-préfecture d’Avesnes-sur-Helpe.

 

Source : france3-regions.francetvinfo.fr


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