Italie : des insectes indigènes pour lutter contre la punaise marbrée dans le Piémont

Après des années de recherche, la phase finale du projet HALY-End a été lancée le 18 juillet 2019 - un pas en avant considérable dans la lutte contre la punaise marbrée sans utilisation de produits chimiques. Pour la première fois, l'Anastatus bifasciatus a été introduit dans une noiseraie du Piémont. L'insecte a été identifié comme un prédateur naturel de la punaise marbrée et son action a déjà été testée en laboratoire. Le moment est venu de le tester dans les champs ouverts.

La recherche a été promue par la Fondazione CRC dans le cadre du projet HALY-End, auquel participent le département des sciences de l'agriculture, de la foresterie et de l'alimentation (DISAFA) de l'université de Turin et de Coldiretti Cuneo. Le projet vise à identifier des solutions concrètes pour contenir la prolifération de l'insecte en provenance d'Asie. En fait, depuis son apparition en 2013, l'insecte a provoqué d'immenses dégâts : il se nourrit de plus de 300 espèces de légumes et a réussi à coloniser très rapidement tout le territoire régional et provincial, causant d'énormes pertes dans près de 80 % des cultures.

L'Anastatus bifasciatus est un insecte indigène déjà présent sur le territoire italien et qui peut donc être utilisé tout de suite, contrairement à d'autres antagonistes exotiques tels que les « guêpes samouraï » qui ne peuvent pas encore être relâchées.

Les femelles utilisent les œufs d’autres insectes, y compris la punaise marbrée, pour y déposer leurs œufs. L'Anastatus bifasciatus est actuellement élevé en masse par une entreprise italienne afin d'augmenter sa population et évaluer son efficacité contre la punaise marbrée. 

« La libération de cet insecte local est un premier résultat du projet d'expérimentation promu par la Fondazione CRC, qui vient d'entrer dans sa phase finale. Il s'agit d'un projet important visant à apporter une réponse à un problème qui affecte l'ensemble du système agricole de la province de Cuneo pendant des années », explique Giandomenico Genta, président de la Fondazione CRC.

Roberto Moncalvo 

« Nous avons récolté plus de 44800 œufs de punaises marbrées sur tout le territoire du Piémont pour identifier les parasitoïdes indigènes qui pourraient les attaquer et s'adapter à l'invité exotique. L'Anastatus bifasciatus a prouvé qu'il pouvait se développer à l'intérieur des œufs de punaises marbrées avec un taux pouvant varier entre 12 % en 2016-2017 et 15 % en 2018 (en conditions naturelles). Maintenant introduit, son impact sera surveillé », expliquent les professeurs Alberto Alma et Luciana Tavella, coordinateurs du projet de l'Université de Turin.  

« C’est un pas en avant considérable vers la maîtrise de l’une des urgences phytosanitaires les plus préoccupantes de ces dernières années. Grâce à nos techniciens, nous luttons contre cet insecte avec des méthodes durables pour l’environnement et pour la qualité des productions locales. Il existe 50 points d’observation répartis sur l’ensemble du territoire provincial avec des pièges que les techniciens de Coldiretti surveillent chaque semaine pour aider les producteurs à utiliser les stratégies les plus appropriées », conclut Roberto Moncalvo, délégué de Coldiretti Cuneo.


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