Daniel Corbel et Albert Marcellin, Cardell Export :

« Notre gamme bio va s’élargir d’une nouvelle variété club »

Possédant un site de production et de conditionnement en nom propre à Marsillargues, Cardell est une filiale du groupe Innatis, anciennement Pomanjou. L’entreprise travaille en association avec des producteurs des Deux-Sèvres, du Sud-Ouest et de Provence. Alors qu’elle produit entre 5000 et 7000 tonnes de pommes par an, Cardell a commercialisé l’année dernière 50 000 tonnes de produits, dont 50 % de variétés maîtrisées comme la fameuse Pink Lady pour laquelle l’entreprise est metteur en marché agréé.

La culture de variétés biologiques : un développement stratégique
Depuis 2007, Cardell a obtenu la commercialisation exclusive mondiale de la variété biologique Juliet. « La variété devrait produire l’année prochaine à peu près 12 000 tonnes de pommes. 3000 à 4000 tonnes seront destinées à la transformation et le reste au marché du frais. L’engagement de Cardell est de commercialiser la totalité de la marchandise produite. Nous avons donc sur ces variétés notamment une mission de développer l’exportation. Et nous avons la chance d’avoir une variété qui est solide et qui tient bien. L’année dernière, nous avons exporté entre 1 200 et 1 300 tonnes de Juliet bio sur les marchés lointains comme le marché asiatique », explique Daniel Corbel, président de la société Cardell Export.

« Nous avons l’intention de continuer à produire des pommes bio tout en ayant la même politique d’exclusivité en ce qui concerne la commercialisation. Mais nous ne croyons pas vraiment en la production biologique avec des variétés conventionnelles. Les producteurs souhaitent qu’on leur apporte des variétés spécifiques à la production biologique, qui soient résistantes à la tavelure », raconte Albert Marcellin, directeur de la société Cardell Export.

« Notre gamme bio va s’élargir d’une nouvelle variété club qui sera une pomme jaune un peu rustique, très goûteuse, de très bonne conservation, qualitative et résistante à la tavelure, ce qui nous permet d’espérer la produire bio sans avoir à la traiter chimiquement. On imagine à 5 ans être à hauteur de 30-35 % de notre tonnage en bio », ajoute-t-il.

Un marché de plus en plus compétitif
« Le marché est en constante évolution. Chaque année, un marché apparaît et un autre disparaît. Il devient également de plus en plus compétitif. En France, sur le plan des salaires et des coûts de production, nous ne sommes pas bien placés. La plupart de nos concurrents ont des prix de revient qui sont inférieurs aux nôtres. A cela s’ajoute la conséquence des mesures de rétorsions prises par la Russie qui ont entre autres amené la Pologne, plus gros producteur européen en pommes, à devoir trouver d’autres débouchés », explique Daniel.

« Nous avons donc eu l’année dernière une production européenne phénoménale de pommes avoisinant les 12 500 000 tonnes dans laquelle la Pologne frôlait les 5 millions, avec des prix polonais. On a trouvé sur Rungis de très belles pommes polonaises à 42 ou 43 centimes le kilo », un prix bien différents de celui pratiqué sur les pommes françaises, qui font face à des exigences sociales et environnementales plus soutenues.

Bien que la compétition soit rude, Cardell continue d’investir dans des variétés innovantes, qui lui permettent non seulement de se démarquer de ses concurrents, de répondre aux exigences du consommateur et de conquérir de nouveaux marchés : « Malgré cette concurrence sauvage, il nous appartient de sélectionner des variétés que nous espérons rentables au niveau de la production », explique Daniel.

« Si l’on considère notre verger que nous avons à Marssiague, nous n’avons plus de Golden, de Breaburn, de Reine des Reinettes ou encore de Granny. Nous avons écarté toutes ces variétés, qui sur plusieurs années se sont montrées perdantes à l’hectare, pour nous concentrer essentiellement sur des variétés type Pink Lady qui permettent aux producteurs d’avoir un revenu intéressant, et sur le bio, un marché porteur, avec Juliet qui jusque maintenant aussi se porte assez bien », rajoute Albert.

« Après la guerre au chimique on entre dans la guerre au plastique »
Bien que Cardell ait dû investir dans de nouvelles machines Flow Pack pour la commercialisation de la pomme Juliet, l’entreprise ne perd pas de vue les nouvelles exigences du consommateur : « Après la guerre au chimique, on entre dans la guerre au plastique. L’objectif maintenant est du tout-carton », intervient Daniel. « Nous allons travailler sur un film compostable et nous allons être équipés d’une machine barquetteuse de carton, pour commencer à développer le packaging carton que l’on destinera à l’emballage des variétés conventionnelles en bio », rajoute Albert.

Albert Marcellin et Daniel Corbel

La mécanisation de la cueillette : un des plus gros défis de la culture en vergers
« Un des plus gros défi du secteur serait d’arriver à mécaniser la cueillette, mais pour ça, il faut des vergers appropriés. La forme de l’arbre actuellement n’est pas adaptée. Mais cela fait 20 ans que l’on en parle. Donc nous sommes dans la pensée de renouvellement de nos vergers de façon à permettre au mieux la cueillette robotisée, qui sera effective dans les dix prochaines années. Dans le même esprit, il y a l’automatisation en termes de traitements chimiques. Il va y avoir un énorme travail d’automatisation dans les vergers qui va bouleverser complètement la situation que l’on connait aujourd’hui, sachant que la main d’œuvre représente à peu près entre 50 et 60 % du prix de revient, à savoir entre 10 000 et 12 000 euros par hectare, et que certaines régions sont actuellement en difficulté pour en trouver », explique Albert.

Une récolte 2019 qui s’annonce quantitative
« La récolte devrait commencer dès la semaine prochaine. Je pense qu’il va y avoir une grosse récolte en France. En calibre cela va dépendre des conditions météorologiques du mois d’août, car les vergers risquent de souffrir si on n’a pas de pluie. Quant aux vergers du Sud-est, le Languedoc a beaucoup souffert des 2-3 jours de canicule et des 45°C qui ont induit des coups de soleils dans les vergers précoces, risquant de pénaliser la récolte. En termes de quantité, la récolte y est, mais pour ce qui est de la qualité, il risque d’y avoir un certain écart entre les parcelles. Cela dit, des problèmes liés aux conditions climatiques sont annoncés dans presque tous les pays d’Europe », conclut Albert.

Pour plus d’informations :
Cardell Export
Tél. : 0033 4 32 73 43 43

Daniel Corbel
dcorbel@cardell.fr 

Albert Marcellin
amarcellin@cardell.fr 


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