Les syndicats appellent le gouvernement français à se mobiliser sur le dossier Casino

Le groupe Casino est une cible pour les vendeurs à découvert rôdant sur les marchés financiers. Depuis 2015, il reçoit de nombreuses attaques par le chef de file des vendeurs à découvert (VAD), Carson Block, le patron de Muddy Waters. Le groupe français ne se laisse pas faire et a riposté en plaçant plusieurs des holdings de tête en procédure de sauvegarde en mai 2019, prenant ainsi de court la dernière offensive en date sur les marchés financiers. 

Cette procédure devrait permettre au groupe de poursuivre son activité et de franchir l’obstacle, sans conséquence sociale d’ampleur. Elle a d’ailleurs été saluée par les syndicats. Malheureusement, les hostilités ont repris dans les salles de cotation, contraignant le groupe à accélérer son plan de désendettement et à annoncer un nouveau plan de cessions de 2 milliards d’euros le 20 août 2019.

C’est dans ce contexte que les syndicats ont sollicité un rendez-vous avec le Premier ministre pour inciter le gouvernement à s’emparer du dossier et prendre enfin en considération le sort des 75 000 salariés du groupe. « Nous souhaitons déjà faire entendre au gouvernement les inquiétudes des salariés que nous représentons. […] Peut-être est-il temps que le gouvernement et le parlement s’emparent du sujet des ventes à découvert et durcissent la législation pour prévenir une casse sociale sans précédent et la destruction d’un fleuron national. C’est maintenant au gouvernement de s’engager sur le dossier Casino », explique Laurence Gilardo, déléguée syndicale SNTA/FO du groupe Casino, sur Economie Matin. 

La rumeur d’une absorption de Casino par un concurrent a soulevé de nombreuses inquiétudes. La fusion un temps évoqué entre Carrefour et Casino s’accompagnerait inévitablement de fermetures massives de magasins dans les zones où les enseignes sont aujourd’hui en concurrence. 

En cours de désendettement, diversifié, présent sur les créneaux porteurs, comme le e-commerce et les formats de proximité, le groupe Casino a fait remonter la valeur du titre. Cependant, obnubilés par l’endettement, les fonds d’investissement qui « shortent » des titres Casino n’aident pas le groupe à se rétablir.

L’AMF a également fait part de ses doutes sur la légalité des pratiques de certains short-sellers : « En achetant à découvert un titre dont l’entreprise est sous haute tension financière, Muddy Waters Research non seulement ne crée pas de valeur, mais contribue à l’affaissement de l’entreprise, affaissement préjudiciable pour tous les actionnaires. Car si l’achat à découvert enrichit le fonds, il aggrave la fragilité de l’émetteur et contribue à appauvrir les actionnaires. », explique Caroline Ruellan, présidente de SONJ Conseil.

Si la pratique est bien légale, elle est de plus en plus discutable et discutée. Peut-être que le gouvernement français pourrait changer la donne.

Source : journaldeleconomie.fr


Date de publication:



Receive the daily newsletter in your email for free | Click here


Other news in this sector:


© FreshPlaza.fr 2019

Abonnez-vous à notre lettre d'information quotidienne pour vous tenir informé(e) des dernières actualités!

S'abonner Je me suis déjà inscrit(e)