Brexit : la France dit « non » aux retards du Royaume-Uni

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a fait savoir à la presse française que la patience de son pays à l'égard du Royaume-Uni concernant son incapacité à trouver un accord acceptable pour quitter l'Union Européenne s'épuise : « Dans les circonstances actuelles, c'est « non »... Nous n'allons pas vivre cela tous les trois mois. Il faut savoir qu'ils [les britanniques] disent qu'ils veulent proposer d'autres solutions, c'est à dire, des arrangements alternatifs pour qu'ils puissent partir », a-t-il ajouté, faisant référence aux promesses du Premier ministre Boris Johnson de trouver un moyen de sortir du mécanisme de soutien pour l'Irlande du Nord, qui est le principal point de blocage.

« Mais nous ne voyons rien donc c'est « non » ! Nous n'allons pas laissez les autorités britanniques nous dicter la voie à suivre. Qu'ils assument la responsabilité de leur situation et qu'ils nous disent maintenant ce qu'ils veulent. » 

Jusqu'à présent, la Grande-Bretagne a bénéficié de deux prolongations de son projet de retrait de l'UE. En effet, le Brexit était initialement prévu pour le 29 mars de cette année, exactement deux ans après que l'article 50 du Traité de l'UE, régissant le retrait d'un Etat membre, ait été déclenché en 2017.

La Grande-Bretagne doit actuellement quitter le bloc le 31 octobre, et Johnson s'est engagé à partir sans accord si nécessaire, insistant plus tôt cette semaine sur le fait qu'il « préférerait être mort dans un fossé » plutôt que de demander un autre délai.

Toutefois, le Parlement britannique a adopté la semaine dernière une loi empêchant le pays de quitter l'UE sans accord et obligeant le Premier Ministre à demander une nouvelle prorogation Brexit si aucun accord n'est adopté par le Parlement. Les preuves s'accumulent montrant que l'administration de Johnson se prépare à une sortie rapide et sans négociation, évitant ainsi toute communication avec l'UE.

Dw.com rapporte également que les tentatives de Johnson de déclencher des élections précipitées, et donc d'essayer d'obtenir un nouveau Parlement plus favorable à son plan pour forcer un non-accord, ont également été contrecarrées par les députés, qui ne lui ont pas donné la majorité des deux tiers nécessaire.

Entre-temps, le parti travailliste d'opposition a obtenu un avis juridique selon lequel Johnson pourrait déclencher une crise constitutionnelle sans précédent s'il essayait de défier la loi adoptée la semaine dernière et de ne pas demander une prolongation pour le Brexit. Le Premier Ministre britannique pourrait être déclaré coupable d'outrage au tribunal et même risquer la prison.

« Si le Premier ministre choisit de ne pas se conformer à la loi n°6 de l'UE (Retrait), il fera l'objet d'une action pour outrage au tribunal qui pourrait, logiquement et en dernier recours, le mener à l'emprisonnement. Cependant, il est clair que cela ne s'est jamais produit et ne se produira jamais ; la Grande-Bretagne est un pays de droit, il se conformera donc ou quittera ses fonctions », a déclaré dimanche l'avocat Philippe Sands, qui fait partie de l'équipe ayant donné le conseil, au journal British Observer. « Tous les autres discours sont des fanfaronnades. » 


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