Engouement pour le bio au Maroc

Au Maroc, la filière du bio est en pleine expansion. Entre 2010 et 2018, la superficie des terres cultivées de façon écologique est passée de 4 000 hectares à 10 000 hectares.

Cofondatrice de l’association Terre et humanisme Maroc en 2005, Fetouma Djerrari a été la première à lancer sa ferme agro-écologique à Dar Bouazza, à une vingtaine de kilomètres de Casablanca. Aujourd’hui, elle forme les agriculteurs désireux de suivre la même voie.

« Quand j’ai commencé le travail sur le terrain, le paysan me disait : j’ai deux hectares, mais je ne produis rien. Aujourd’hui, j’ai deux hectares et je mange et je vends pour me faire un peu d’argent. Avant, j’allais au marché », rapporte-t-elle.

Dans le royaume, 70 % des terres cultivées sont exploitées par des petits producteurs : « L’agriculture biologique, c’est une grande opportunité au Maroc. Ça va toucher beaucoup de gens qui étaient à l’écart du développement. Et là, ils vont participer au développement durable, au développement social et économique, à l’amélioration de la santé. L’agriculture devrait être la trame, c’est là où il y a le plus d’acteurs, c'est là où il faut faire un sérieux travail de développement, d’accompagnement et d’accès au marché. »

Cherif Guessous de la Fédération Interprofessionnelle marocaine de la filière biologique souhaite rendre plus accessible les produits bio : « Au Maroc, 75 % de la distribution se fait dans le circuit traditionnel. Comment ne pas penser à une stratégie qui va nous permettre de commercialiser le produit dans le circuit traditionnel, qui sorte de la distribution classique de la grande distribution ou de la distribution spécialisée en magasin ? »

35 000 emplois permanents devraient être créés d’ici 2020 selon le plan gouvernemental Maroc vert.

Beaucoup de consommateurs marocains font désormais de plus en plus attention à leur alimentation, suite à des problèmes de santé liés aux pesticides.

« Depuis 3-4 ans, il y a un nouvel élan grâce à de nouvelles entreprises qui se lancent avec des innovations, avec des produits soit exotiques, soit à valeur ajoutée », déclare Slim Kabbaj, président des magasins Green Village et Distribio. « Sur 100 % de produits dans un magasin comme Green Village, nous avions il y a 9 ans largement moins de 1 % de produits marocains. Aujourd’hui, nous sommes à 30 %, en à peine 10 ans. Cette dynamique nouvelle crée de la valeur et des emplois dans une petite niche, mais qui est en train de s’accélérer. Donc je crois que c’est un marché à fort potentiel qui se transforme en marché réel. »

Son club des Entrepreneurs BIO a signé une convention avec deux banques du pays afin de faciliter l’investissement, en particulier dans la transformation. Actuellement, près de 18 % de la production est exportée.

90 000 tonnes ont été produites en 2018, loin de l’objectif 2020 de 400 000 tonnes fixées par le plan gouvernemental Maroc Vert. Pour Cherif Guessous, « l’un des gros freins du développement du bio, c’est un réseau de distribution qui reste encore limité. C’est dans ce cadre que nous avons fait un partenariat avec un grande enseigne de distribution, Marjane Holding. Cela nous permet de communiquer sur le bio et permet aussi au producteur d’avoir des débouchés pour ses produits. »


Sources : rfi.fr


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