L’Université de Corse et le CNRS recherchent une alternative aux pesticides

Alors que les pesticides sont plus que jamais au centre de l’actualité, les chercheurs de l'Université de Corse et du CNRS, en partenariat avec l’Areflec (Association de Recherche et d’Expérimentation sur les Fruits et Légumes de Corse), l’Inter Bio Corse et l’Inra (Institut National de Recherche Agronomique), sont à la recherche de solutions biologiques alternatives aux pesticides pour la protection des cultures et en particulier la lutte contre les ravageurs.

Baptisé « Protect’Agrumes et autres productions végétales en Corse », le programme, financé par l’Office de Développement Agricole et Rural de la Corse (Odarc) et la Direction de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de la Collectivité de Corse, vise à trouver des alternatives biologiques pour protéger les cultures et lutter contre les ravageurs en utilisant notamment la ressource végétale. « Cette démarche s’inscrit dans une vision résolument bio-environnementale. En associant différents acteurs qui agissaient jusqu’à présent de façon cloisonnée, ces recherches doivent nous permettre d’être plus proches des réalités du terrain et d’évoluer vers un modèle d’agriculture durable », explique Jean-Claude Ribaut, président de l’Areflec.

Les chercheurs de l’INRA de Sophia Agrobiotech de Nice procèdent à l’élevage d’insectes spécifiques susceptibles de protéger les cultures sans utiliser de produits phytosanitaires. Ils testent en grandeur nature des produits capables de doper la croissance de végétaux et de jouer un rôle d’herbicide et d’insecticide : « Notre stratégie consiste à travailler sur des plantes présentes sur le territoire de la Corse pour trouver des actifs susceptibles d’être utilisés contre des nuisibles, explique Alain Muselli, professeur de Chimie au Laboratoire SPE de l’Université de Corse / CNRS, en charge du programme. À terme, notre objectif est de transférer les connaissances acquises et les innovations technologiques vers les agrumiculteurs et d’élargir cette démarche à d’autres filières afin d’accompagner les initiatives pour tendre vers une agriculture raisonnée ». 

L’étude se concentre particulièrement sur deux nuisibles : la tapinoma (Tapinoma nigerrimum) ainsi que la mineuse des agrumes (Phyllocnistis citrella).

La Corse, comme le reste de la France, voit son taux de surfaces agricoles biologiques augmenter. Les découvertes qui résulteront de ces études pourraient « renforcer cette dynamique et favoriser les conversions biologiques d’exploitations », estiment Emilie Claudet et Charline Landerieux, respectivement coordinatrice et chargée de projet pour l’Inter Bio Corse. « De plus, si certaines cultures bénéficient déjà d’alternatives naturelles pour lutter contre les ravageurs, le programme Protect’Agrumes vise surtout à privilégier des solutions à base de plantes locales ». 

Le programme cherche en effet à privilégier l’usage des matières issues du territoire corse dans une démarche d’agriculture locale et durable.

 

Source : corsenetinfos.corsica


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