De l’ail pour réduire les émissions de méthane

Il est aujourd'hui reconnu que les bovins participent pour moitié aux émissions agricoles de gaz à effet de serre, et ce en raison de leurs flatulences et éructations. Cela représente en effet 40 % des rejets agricoles de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ; le méthane produit est par ailleurs 25 fois plus nocif que le CO2.

Dans le but de réduire cet impact sur la planète, le régime alimentaire des vaches pourrait bientôt être constitué d’ail. Les travaux menés depuis 15 ans à l’INRA, devenu INRAE, ont montré que cet aliment, aux multiples vertus, pourrait diminuer de 20 % la production de méthane.

Lors de la digestion, la dégradation des végétaux, pour aboutir à des glucides nutritifs pour l'animal, s'effectue dans le rumen (un estomac à 4 poches) grâce à des bactéries. On estime qu’une vache laitière produit chaque année 90 kilos de méthane, soit dix fois plus que le mouton. Grâce à ses effets anti-bactériens, l’ail pourrait diminuer ces émanations puisqu'il agit comme inhibiteur d'une enzyme spécifique de ces microbes producteurs de méthane.

L'entreprise suisse Mootral prévoit déjà de mettre sur le marché un complément alimentaire composé d'ail et d'écorces d'orange censé faire baisser de 30 % le méthane exhalé. Toutefois, deux études sur ce produit montrent des résultats différents : des chercheurs de l'Université de Californie ont réalisé une étude sur 20 sujets ne révélant un effet qu'au bout de la 12e semaine (-23,2 % de méthane produit). Une autre, sur des vaches allaitantes, indique à l'inverse une baisse de 38 % sur la race Jersey et de 20 % sur la Holstein. 

Si les résultats sont si éloignés, c'est peut-être car les effets de ces régimes alimentaires modifiés sont encore difficiles à quantifier. Il faut aussi considérer la manière sous laquelle l’ail est ingéré (cru, poudre sec, en huiles essentielles…).

La société hollandaise DSM a déposé une demande d'autorisation de mise sur le marché européen de l'additif 3-NOP (nitrooxypropanol) qu’elle compte commercialiser à partir de 2021. Cet additif vise également une réduction de 30 % des émissions de méthane d'origine bovine par effet sur la fermentation entérique. Le produit a été développé par l'université de l'Etat de Pennsylvanie et l'université d'Otago en Nouvelle-Zélande. Il aurait été testé par une vingtaine de publications scientifiques.

Reste à savoir si les éleveurs sont prêts à payer un surcoût en vue de réduire ces émanations de méthane. Déjà en France, la filière Bleu Banc Cœur s’engage avec 750 éleveurs ayant une production de lait moins impactante pour la planète, les vaches étant en partie nourries au lin. Enfin, le meilleur moyen pour réduire significativement les émanations serait la réduction du nombre de bovins, et donc une réduction de la consommation de viande.  

 


Source : franceinter.fr


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