14 % d'exploitations engagées en bio dans l’Yonne

Depuis 2015, l’Yonne poursuit avec vigueur sa conversion vers le bio. « On est depuis 2015 dans une phase de développement exponentiel », explique Florestan Bargain, animateur du Groupement des agrobiologistes de l’Yonne (GABY), membre du réseau Bio Bourgogne. Avec 43 401 hectares de surfaces bio ou en conversion, le département voit 10 % de sa surface agricole utile en transformation, et 467 fermes bio recensées en 2019.

Si cette proportion demeure modeste comparée à d’autres départements, l’Yonne se place tout de même au-dessus de la moyenne régionale et nationale autour de 7 %. Il y a dix ans, la surface agricole utile certifiée bio ou en conversion plafonnait à 10 000 hectares, soit quatre fois moins qu’aujourd’hui. L’Yonne se place ainsi au 2e rang national en termes de surfaces en conversion, derrière le Gers.

On observe aussi une dynamique du côté du nombre de fermes bio (certifiées ou en conversion) : + 26 % de fermes bio comparé à 2017. Désormais, 14 % des exploitations icaunaises sont engagées en agriculture biologique. Cette avancée est portée par les deux filières prédominantes que sont les exploitations spécialisées en grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux) et les polyculteurs-éleveurs.

La filière des grandes cultures bio profite d’une « forte demande en blé meunier, en orge brassicole et en alimentation animale », selon Vincent Gallois, de la chambre d’agriculture. De plus, l’observatoire régional de l’agriculture biologique estime que « les prix toujours bas en conventionnel, élevés en bio, ainsi que le niveau élevé des aides à la conversion bio sur certains secteurs ont incité de nouveaux agriculteurs à s’engager ». Et « avec le renforcement de la réglementation en matière de pesticides et la polémique sur le glyphosate, certains producteurs préfèrent se passer des produits phytosanitaires de synthèse avant qu’ils ne soient interdits ».

Au delà de l’aspect économique, on voit aussi du changement du côté des mentalités : « une nouvelle génération d’agriculteurs qui souhaitent redonner du sens à leur travail en prenant mieux en compte les impacts que peuvent avoir leurs productions sur la santé et l’environnement » s’exclame Florestan Bargain, animateur du GABY. Ces préoccupations rejoignent ainsi celles des consommateurs. Déjà plusieurs projets de magasins de producteurs bio sont en gestation à Auxerre et Sens. A noter aussi le développement de la plateforme Manger bio Bourgogne Franche-Comté et le projet de plateforme Agrilocal qui va faciliter les échanges entre producteurs et gestionnaires de restauration collective.

Pour Julien Bourgeois, président du GABY, le fait que la loi Agriculture et alimentation de 2018 ait fixé pour objectif 20 % de produits bio dans les restaurants scolaires à l'horizon 2022 va être un levier pour la transformation du paysage de l’agriculture locale. Il souligne cependant qu’il ne faut pas oublier d’accompagner ces changements par des structurations : « Accroître les surfaces en bio, c’est bien, mais il faut aussi structurer les filières et développer des outils logistiques ».

 


Source : lyonne.fr


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