Enquête sur les OGM cachés

Le Parisien, Konbini News, France Culture et Usbek & Rica ont enquêté sur les OGM cachés.

Depuis qu’une décision du Conseil d’État a énoncé « que les organismes obtenus par certaines techniques de mutagénèse doivent être soumis à la réglementation relative aux organismes génétiquement modifiés (OGM) », le débat entre les anti et pro-OGM fait rage. « Endives, choux, navets, poireaux, betteraves… Il y a dans nos placards beaucoup d'aliments issus de mutagenèse, de fusion cellulaire, bref, bidouillés génétiquement sans que ce soit indiqué. 85 % des endives sont concernés, on en trouve même dans les magasins bio », explique Guy Kastler, responsable de la commission semences à la Confédération paysanne.

Dans le but de contrôler le processus d’hybridation, les semences sont rendues ultra-féminines, ou « CMS » pour « cytoplasme mâle stérile ». Une pratique que l’on retrouve notamment dans la culture d’endives dans le Nord, offrant aux maraîchers des avantages tels que la précocité ou la résistance aux insectes.

Pour Emmanuel Lesprit, directeur du pôle amélioration des plantes de l'Union française des semenciers, ces OGM ne sont pas cachés. « Sur 58 variétés d'endives, 47 sont des hybrides et sont presque toutes issues de cette fusion cellulaire », dit-il. Si ces légumes sont considérés comme des OGM par réglementation européenne, ils sont exemptés des contrôles stricts, étiquetage et surveillance. « Parce que la fusion a lieu au sein de la même famille botanique et donc qu'elle aurait pu se faire de manière naturelle », précise-t-il. Il ajoute aussi que « ces endives sont largement commercialisées depuis plus de quarante ans, elles ont fait la preuve de leur innocuité. »

Du côté des anti-OGM, on clame qu’une hybridation en plein champ est très improbable », comme le précise Véronique Chable, chercheuse à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Par principe de précaution, ils souhaiteraient donc que cela soit précisé sur les étiquettes pour informer le consommateur. « Difficile d'indiquer sans CMS sur une étiquette. Personne ne sait ce que cet acronyme signifie, relève Véronique Chable. Pointer du doigt les semenciers ne sert à rien. Peut-être faut-il revoir notre système qui, pour des questions d'efficacité, pousse à ce type de manipulations. »

Pour l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), la dangerosité des « variétés mutantes » réside aussi dans leur résistance aux herbicides au point que des produits phytosanitaires seront nécessaires pour les éliminer.

A noter que certains producteurs ont exclu tous les légumes issus de semence CMS, comme la coopérative BioBreizh en Bretagne ou la filière qualité Carrefour. Ils ont la certification Demeter qui précise qu’ils respectent le cahier des charges du label bio de l’UE.

 


Source : leparisien.fr


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