Les variétés robustes de pommes de terre sont utiles aussi aux producteurs « conventionnels »

Aujourd’hui, il existe 25 variétés de pommes de terre dites robustes. La convention qui a été signée à la fin du siècle pour l’interdiction de l’usage du cuivre en agriculture biologique a poussé les agriculteurs a chercher des variétés plus résistantes aux maladies comme le mildiou.

En plus d’être résistantes au mildiou, pour être qualifiées de robustes, les variétés doivent pouvoir « garantir » un rendement et une qualité suffisants en conditions climatiques plus difficiles, et en conditions plus restreintes en azote et phosphore.

Pour Daniel Ryckmans, « il est évident que de telles variétés peuvent aussi présenter un intérêt pour les producteurs qui ne cultivent pas en mode bio ». Il donne ainsi plusieurs points :

- elles permettent d’alléger la protection fongicide et de répondre ainsi à la diminution du nombre de matières actives fongicides autorisées pour la culture ;
- elles assurent une réponse aux préoccupations des consommateurs ;
- elles permettent une diminution des frais phytosanitaires et un gain de temps considérable ;
- elles permettent de contrecarrer l’agent du mildiou, Phytophthora infestans.

Par rapport au mildiou, elles peuvent avoir plusieurs comportements comme « l’encapsulation » (c’est-à-dire que l'agent est bloqué et ne se développe plus) ou l'attaque de la maladie grâce à un système de défense comme pour la variété Gaïane. « De nombreuses variétés robustes possèdent un gène de résistance (R8 provenant de Solanum demisum, variété sauvage d’Amérique) ; certaines en possèdent déjà deux. Et les futures variétés robustes en posséderont souvent 3, voire davantage ! »

Pour palier aux pertes financières que pourraient engendrer des contrats non remplis ou des tonnages pour le marché libre non produits à cause de maladies, la filière hollandaise a signé une convention « pommes de terre robustes bio ». Toute la filière s’est accordée sur la nécessité de disposer et d’utiliser des variétés « robustes ». Un an après, en 2018, la Belgique a suivi le même chemin à l’occasion d’Interpom. La convention a été actée en Région wallonne, par Biowallonie, la Fiwap et l’Unab.

La « Convention signée aux Pays-Bas » court sur trois ans avec des objectifs ambitieux : 30 % de variétés robustes en 2017, 50 % en 2018, plus de 70 % (marché du frais) en 2019 et vers les 100 % en 2020. La Belge court aussi sur trois ans, de 2019 à 2021 et a commencé a déployer ses premières activités l’an dernier : au cours de l’été 2019, une enquête a été envoyée au nom de Biowallonie et de la Fiwap auprès des producteurs bio wallons pour faire le point sur l’usage de ces pommes de terre robustes et leurs parts de marché.

En Allemagne, des essais ont été menés auprès des exploitations de variétés classiques. Il en résulte que la pression parasitaire n’était pas forte, mais qu’aucune infection de mildiou n’avait été constatée. « Sur le marché du frais, il semble que, de la production jusqu’à la grande distribution, l’ensemble de la filière s’y retrouve et qu’il y a déjà une palette de variétés robustes suffisamment intéressantes pour que ce secteur progresse encore. Sur le marché de la transformation, plus particulièrement sur celui de la frite, il n’y a toujours pas de remplaçantes sérieuses pour Agria, Carlus et Sevilla ne convenant pas. Pour le développement de variétés robustes pour la transformation, il faut absolument trouver là ou les variétés capables de rivaliser avec Agria. La saison 2019 sèche et chaude a permis à l'Agria de se tirer d’affaire et de satisfaire tant les producteurs que les transformateurs. Mais ce ne sera pas toujours le cas », indique Daniel Ryckmans.

 


Source : sillonbelge.be


Date de publication:



Receive the daily newsletter in your email for free | Click here


Other news in this sector:


© FreshPlaza.fr 2020

Abonnez-vous à notre lettre d'information quotidienne pour vous tenir informé(e) des dernières actualités!

S'abonner Je me suis déjà inscrit(e)