Dans les Pyrénées-Atlantiques, les maraîchers épongent les dégâts causés par les intempéries

Après les tempêtes ayant touché le Béarn, les agriculteurs constatent les dégâts et tentent de réparer ce qui peut l’être. Pour Nathalie Destephen, maraîchère bio à Lucgarier, à la tête des Paniers de Pyrène depuis dix ans, « Les tempêtes de lundi et mardi ont plié deux tunnels de serres et ont endommagé deux autres tunnels sur les six de mon exploitation. C’est le moment de l’année où la trésorerie est au plus bas : je dois préparer la saison, acheter les graines, les plants, le terreau, les engrais et il y a peu de légumes à vendre. Mes plants de courgettes sont prêts et ne peuvent pas attendre plus de quinze jours. Si je ne plante pas mes tomates dans le mois, je n’en aurais pas cet été. Elles occupent la moitié de mes serres. C’est le produit phare qui fait venir les clients : sans tomates, je perds la saison. Il faut que je reconstruise mes tunnels au plus vite, il y a urgence ».

Afin de commencer les réparations, elle a fait appel à des voisins, venus l'aider à retirer le plastique, démonter les arceaux de la serre et nettoyer les cultures gâchées. Un tunnel de 9,3 m par 50 m pour un investissement de 15 000 euros est en piteux état. « Ce tunnel, nous l’avons monté l’année dernière et les arceaux sont complètement déformés par le vent ! Ça pèse pourtant deux tonnes un tunnel », affirme l’une des voisines.

Ce n’est pas la première fois que Nathalie Destephen est confrontée à ce genre de problèmes : il y a trois ans, ses serres ont déjà plié sous la grêle. Il y a un an, elles ont été inondées et abîmées par une tempête en décembre. « Je pourrais créer de l’emploi, mais ces accidents climatiques bloquent mes projets, je dois toujours les remettre à plus tard », confie-t-elle.

Maintenant, pour l’agricultrice le temps presse. Elle n’a pas le temps d’attendre que l’expert de son assurance vienne lui rendre visite ; il faut agir tout de suite. Nathalie Destephen se retrouve à solliciter un crédit à la banque pour faire la jointure car elle n’a plus de trésorerie. Régis Mathon de la section départementale de la Confédération paysanne à, lui, fait le déplacement et convoqué la presse pour lancer un cri d’alarme face à cette situation rencontrée par de trop nombreux agriculteurs de la région. 

Selon le syndicaliste, ils seraient une quinzaine a avoir subi de 40 à 50 % de dégâts. Pour les aider, la Confédération paysanne a mis en place un calendrier d’entraide collective entre producteurs touchés. Le préfet, le département, la région, ainsi que la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) ont été alertés dans l’espoir d’obtenir une aide de 100 000 euros. La Mutualité sociale agricole (MSA) devrait faire un allègement ou un report des cotisations.

Les exploitations de la région sont nombreuses mais souvent petites, entre 8 000 m² et 6 ha, avec pas ou peu de salariés. Elle sont donc très fragiles dans de telles situations. De plus, les aides de la PAC, calculées en fonction des surfaces, sont faibles. Quant aux assurances, elles n’assurent que le matériel, pas les cultures perdues, et sous des conditions éliminatoires qui pénalisent beaucoup d’exploitations. « Dans tous les cas, j’aurai un mois de revenu en moins, plus la fatigue », affirme Nathalie Destephen.

 


Source : sudouest.fr


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