Du biocarburant à partir de figues de Barbarie

Au Mexique, les cactus s'étendent à perte de vue, il y en a même sur le drapeau du pays ! Les fruits du cactus nopal, connus sous le nom de figues de Barbarie, sont très utilisés dans la cuisine locale. Ses déchets qui sont normalement jetés peuvent aussi servir à faire du cuir vegan ou du carburant. 

C’est cette dernière option qu’une société de la ville de Camémbaro a choisi d’exploiter. Nopalimex a découvert que le nopal produisait entre 300 et 400 tonnes de biomasse par hectare dans des terres peu fertiles et jusqu’à 800 ou 1 000 tonnes dans des sols riches. « Nous semons du nopal pour trois raisons. La première est sociale, il crée des emplois et empêche l’émigration. Ensuite, d’un point de vue économique, il réduit le coût de la transformation industrielle. Enfin et surtout, il y a une raison environnementale », précise Miguel Angel Ake, co-fondateur de l’entreprise. « En ce qui concerne les cactus de type nopal, ils sont très utiles pour produire des carburants, car ils sont une source élevée de sucres, ce qui est vraiment important pour produire du biocarburant et du biométhane. C’est également très pratique car au Mexique, nous avons de nombreuses terres arides semi-désertiques, il est donc impossible d’avoir d’autres types de cultures et le nopal a besoin de très peu d’eau », explique Juan Francisco Perez, l’autre fondateur.

Les cactus sont d’abord coupés et transformés pour en extraire la farine qui est utilisée dans la fabrication des tortillas. Les restes non-comestibles de la plante sont quant à eux mélangés avec de la bouse de vache dans un bio-processeur, un réservoir de fermentation qui chauffe la pulpe de cactus. Ensuite, le carburant est distillé, collecté via des tubes et entreposé dans un réservoir. « Avec la quantité de nopal que nous avons au Mexique et une productivité de plus de 250 tonnes par hectare, nous pensons que cela pourrait éventuellement remplacer l’utilisation traditionnelle du gaz et du carburant de sources non renouvelables », précise Ake.

Aujourd’hui, la production grâce aux déchets du nopal est suffisante pour alimenter en biocarburant les infrastructures qui traitent les cactus. Mais le duo voit plus loin et a signé un engagement avec le gouvernement local de Zitacuaro, dans l’État de Michoacan, afin de fournir le carburant nécessaire pour alimenter les véhicules officiels (voitures de police, ambulances, etc).

Si l’usage de carburants alternatifs aux combustibles fossiles est bénéfique pour l’environnement, Teresa Domenech Aparisi, chercheuse en écologie industrielle et économie circulaire pour l’Institut des ressources durables de l’University College de Londres, estime qu’il faut tempérer les attentes : « Les biocarburants ne remplaceront pas complètement les carburants fossiles, nous aurons des technologies renouvelables et la biomasse aura un rôle à jouer dans ces technologies pour remplacer les combustibles fossiles », dit-elle. « Nous sommes déjà dans une transition vers des économies bas-carbone mais les biocarburants ne seront pas la seule solution. Ils devront être combinés avec d’autres formes de production d’énergie à partir de ressources renouvelables. »

 


Source : rtbf.be


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