Des tonnes d’oignons calédoniens jetées à la décharge

Alors qu’en Nouvelle-Calédonie l’oignon local couvre le tiers des besoins des ménages, une grande partie de sa production se voit contrainte d’être jetée à la décharge. Une situation due à un manque de visibilité du produit sur le marché et une politique agricole désorganisée alors que la filière oignons représente un chiffre d’affaires de 36 millions de francs CFP.

Dans la moyenne vallée de Pouembout, la famille Marlier a récolté 200 tonnes d’oignons sur son exploitation en deux mois. Mais, seulement 10 % sont allés à la vente, entrainant le renvoi de saisonniers chez eux : « ça fait mal au cœur pour nous, qu’on nous demande de faire du bon travail, de la belle qualité, et j’ai encore plus mal au cœur pour tous les gens qui sont repartis », déplore Meryl Marlier.

Malgré tout, le fils souhaite reprendre l’affaire familiale : « Je connais plein de jeunes qui veulent se lancer dans la terre, qui n’ont peut-être pas forcément le foncier mais qui peuvent le trouver, et il faut nous donner la chance de produire pour la Calédonie », confie-t-il.

Dans la région, l’association Kundi Pouembout regroupe les six producteurs qui récoltent en moyenne 600 tonnes d’oignons. La présidente du groupement déplore les erreurs de l’Agence rurale qui est censée réguler l’importation et assurer l’écoulement de la production calédonienne : « ils n’ont comptabilisé que la production d’import, et ils n’ont pas compté notre production », explique-t-elle. « On se retrouve bloqués parce que le dernier import est rentré au mois d’août, et on va dans les magasins, il y a encore de l’import qui tourne ».

Par ailleurs, certains producteurs remettent en cause l’efficacité des services phytosanitaires calédoniens : « avec les restrictions de molécules mises en place, je peux vous dire que ceux-là, ils n’ont pas grand chose dans le ventre. Donc vous pouvez les manger en toute tranquillité, ce qui n’est pas le cas de l’import puisque, sans dénigrer qui que ce soit, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, elles ont des autorisations d’utilisation de molécules interdites par l'Europe  », indique Benoist Sauray, producteur historique de la région.

Afin de répondre au besoin de visibilité, de statistiques fiables, et d’un marché calédonien organisé réclamé par les producteurs afin d’assurer l’autosuffisance, sans recourir à l’importation, l’Agence rurale se penche actuellement sur deux possibilités : « une hypothèse avec une organisation interprofessionnelle qui pourrait coordonner les productions et planifier ensuite les mises en marché, le complément à l’importation. Ou sinon, au travers d’une structure comme l’OCEF, avec un prix garanti », indique Lionnel Brinon, président de l’Agence rurale.

 

 

Source : francetvinfo.fr


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