La Réunion mal préparée à la loi Egalim

Alors que la loi EGALIM (loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous), promulguée le 30 novembre 2018, entrera en vigueur en 2022, l’île de La Réunion est encore loin des résultats attendus par le gouvernement. Alors que la loi prévoit un approvisionnement de la restauration collective à hauteur de 10 % dans la production biologique et locale (contre 20 % en métropole), ce taux s’élève actuellement à 3 % pour l'île.

Cette loi est pourtant reçue avec enthousiasme par les producteurs réunionnais qui voient en cette commande publique un levier essentiel pour changer profondément le modèle agricole local. « Pour les agriculteurs biologiques réunionnais, pouvoir viser la restauration collective constituerait un débouché vraiment intéressant. Il y a des milliers de repas servis par jours sur toute l’île et en alimentant les cantines, cela permettrait de soutenir notre filière », indique Isabelle Payet, agricultrice bio depuis le début des années 2000.

Oasis Réunion a révélé que l’île n’était pas prête : « il n’y a que 1 % de bio dans la restauration collective réunionnaise actuellement. Et encore, si on ne prend en compte que la production locale, le taux baisse pour atteindre 2 ou 3 % », précise Bernard Bonnet, co-coordonnateur d’Oasis Réunion.

Afin de répondre à ce problème, certains agriculteurs de la Plaine des Palmistes se sont regroupés au sein de l’association Zarlor la Ter, avec pour objectif de répondre aux besoins de leur commune en créant un atelier chantier d’insertion (ACI) qui aurait pour vocation d’alimenter la cantine scolaire. « Nous sommes prêts à récupérer des terres incultes et à les mettre immédiatement en valeur et en culture. Mais pour cela nous devons sentir qu’il y a une vraie volonté politique derrière nous. C’est un modèle qui pourrait ensuite être essaimé dans le reste de l’île », confie Isabelle Payet.

Mais face aux seuils imposés par la loi Egalim, certaines collectivités réunionnaises semblent se réfugier derrière l’argument selon lequel elles ne pourraient acheter davantage de bio sur l’île car la filière est insuffisamment structurée. Pour les producteurs, sans une plus forte implication des pouvoirs publics locaux, l’agriculture bio ne pourra pas prendre son essor.

 


Source : lequotidien.re


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