Quel avenir pour la lutte contre les parasites dans la filière noisette ?

Les producteurs de noisettes ne peuvent plus recourir aux néonicotinoïdes dans le cadre de la lutte contre les parasites ; la dérogation qui avait été obtenue a pris fin le 1er juillet dernier. 

Grégory Bordes, jeune producteur du Lot-et-Garonne, cultive des noisetiers depuis trois ans. Sur son exploitation, comme chez les 365 producteurs de la coopérative, les produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes ne sont plus utilisés. Or, il continue de trouver les mêmes nuisibles de la noisette tels que le balanin, un charançon qui pond et se nourrit sur la noisette, et la punaise diabolique, arrivée plus récemment. Venue de l’est asiatique, celle-ci détériore le fruit pour y laisser un goût amer particulièrement déplaisant pour le consommateur.

Face à des pays comme la Turquie, l’Italie et l’Espagne, où les néonicotinoïdes sont toujours autorisés, Grégory Bordes craint de ne pas faire le poids. « Mes collègues italiens et espagnols vont pouvoir continuer à utiliser ces produits, ils n’auront pas, contrairement à moi, le souci de lutter contre les parasites. Et pourtant, ici comme ailleurs, nous nous battons contre les mêmes ravageurs. Moi, concrètement aujourd'hui, en tant que jeune agriculteur et citoyen européen, je me sens lésé vis-à-vis d’eux », déplore-t-il.

La France (1 % de la production mondiale, ex æquo avec l’Espagne) a en effet pris la décision de les interdire dès maintenant alors même que l'Europe permet encore leur utilisation jusqu'en 2033. Après une belle montée en puissance ces dernières années, la filière noisette française risque d’avoir du mal à garder le cap face au leader mondial de la noisette, la Turquie, et au leader européen, l’Italie.

Afin de lutter contre les nuisibles, l’Association nationale des producteurs de noisettes (ANPN) investit dans la recherche. Les scientifiques se penchent ainsi sur une manière de se débarrasser au plus vite des parasites. L’entomologiste Rachid Hamidi et ses équipes se sont lancés dans une véritable course contre la montre car la punaise fait preuve d’une capacité de dispersion hors norme. « Les études ont montré qu’une punaise diabolique pouvait parcourir 110 km en une seule journée, bien plus que notre punaise verte, limitée à 10 km ! », indique le chercheur.

Les entomologistes souhaitent « parasiter le parasite » à l’aide de parasitoïdes, des petits insectes de « la taille d'une petite fourmi », mais qui peuvent « faire de gros dégâts sur les punaises. Nos recherches ont montré que cet insecte pouvait parasiter jusqu’à 50 % des œufs de nos ravageurs ».

De leur côté, les scientifiques de l’INRA de Versailles créent des odeurs artificielles de noisette pour leurrer la punaise ou créer chez elle une certaine confusion.

Toutes ces avancées en cours pourraient donner à la filière française un pas d’avance, en la rapprochant du marché biologique. « Faire sans les néonicotinoïdes, c’est un vrai challenge effectivement, mais l’amélioration des techniques pourrait nous être bénéfique sur le fond, et notamment en termes de positionnement commercial sur l’Europe et la France qui devient un marché très important pour nous », déclare Jean-Luc Reigne, directeur de la coopérative Unicoque, leader européen sur le segment du fruit brut.

Chaque année, les Français consomment 50 000 tonnes de noisettes, derrière les Allemands, qui sont les plus gros consommateurs européens et mondiaux. Ce fruit à coque est consommé à 99 % de manière transformée, au travers de pâtes à tartiner, de chocolat ou de bonbons.

 


Source : francetvinfo.fr


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