Du travail dans les champs de fraises mais pas de candidats

Alors que la saison des fraises approche à grand pas dans le Lot-et-Garonne, les agriculteurs peinent à trouver de la main-d’œuvre.

« J'ai besoin de recruter une cinquantaine de personnes en contrat à durée indéterminée. Après plusieurs mois de recherches, je n'en ai trouvé que cinq », déplore Stéphane Pozzobon, producteur de fraises dans la région. Il emploie chaque année une centaine de personnes en CDD et souhaite en faire passer 50 en CDI. « Les CDD rompent les contrats quand ils veulent, du jour au lendemain. C'est trop compliqué à gérer. Avec des CDI annualisés, je leur propose de meilleurs salaires et une sécurité de l'emploi, mais ça ne les intéresse pas. Ils préfèrent leur liberté », précise-t-il.

Contraint d’instaurer une prime de présence pour éviter que les saisonniers lui fassent faux bond, Stéphane Pozzobon est quelque peu désemparé par l’attitude de ces derniers : « Ils arrêtent de travailler, touchent les Assedic, puis reviennent chercher un CDD », indique-t-il.

Avec 22,5 hectares d’exploitation, Stéphane Pozzobon espérait récolter près de 2 500 tonnes, cette année. « J’ai investi 5 millions d’euros, sans recevoir la moindre aide du Département ou de la Région. Si j’avais su ça il y a 6 mois, je ne l’aurais pas fait ».

« Je continue à chercher des cueilleurs et des chefs de cultures qui accepteraient des CDI, par le biais du bouche à oreille et aussi avec un système de parrainage », confie-t-il. L’exploitant est en effet prêt à offrir 300 euros à chaque personne qui lui trouverait un employé afin de ne pas se résoudre à faire appel à la main-d’œuvre étrangère. Il est d'ailleurs possible de lui faire des recommandations par courriel (stephane.pozzobon@sfr.fr).

« Nous n'avons pas assez de volontaires ici dans l'hexagone pourtant, les conditions de travail se sont améliorées. On travaille à l'abri avec des outils performants, la pénibilité n'est pas excessive », déclare Xavier Mas, président de l'association d'organisation de producteurs de fraises (AOPN). « C'est la raison pour laquelle on doit faire appel à la main d'œuvre étrangère ».

L’impossibilité de faire venir des travailleurs marocains sur le territoire inquiète les professionnels. La préfecture du Lot-et-Garonne a mis en place une dérogation afin de permettre l’entrée sur le territoire de travailleurs étrangers. « Il faut absolument qu'on ait la certitude qu'ils aient un test négatif en arrivant, un isolement d'au moins 7 jours et un deuxième test. À ce moment là, sur le plan sanitaire, c'est acceptable », précise Michel Durenque, président de l'Ordre des Médecins du département, qui souhaite éviter les clusters qu’ont connus les exploitations l’année dernière.

« Ces contraintes sont nécessaires et seront certainement sous la responsabilité de chaque employeur. On s'y pliera, car on ne peut pas se passer de cette main-d'œuvre marocaine. Le risque, s'il n'y avait pas eu cette dérogation, c'était de perdre une partie de la récolte », rassure Xavier Mas.



Source : ouest-france.fr / francetvinfo.fr


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