Gel : les fruits français risquent de manquer dans les rayons

Les épisodes de gel du début du mois d'avril ont dévasté les cultures. Le ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, a d'ailleurs déclaré lundi qu'il s'agissait « probablement la plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle ». S'il est encore trop tôt pour évaluer les dégâts, les fruits français risquent de se faire rare cet été. 

François Roch présidente de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) et productrice dans le département du Tarn-et-Garonne explique « J’ai activé le dispositif jusqu’en milieu de matinée. Il a fait jusqu’à -2 °C. Ça, c’est la gelée de printemps normale, à laquelle on est habitué à cette période de l’année. C’est ce qu’on appelle une gelée blanche, une petite gelée du matin, avec des températures basses cantonnées au niveau du sol ». Mais la semaine dernière, elle a dû faire face aux « gelées noires ». « On n’a pas l’habitude de gelées pareilles à cette période. Elles peuvent se former très tôt, dès la tombée de la nuit et rester de longues heures avec des descentes fortes de températures, aussi bien au niveau du sol que dans l’air. Chez moi, on est descendu à -6 °C et dans certaines régions jusqu’à -8 °C. Des gelées pareilles, on n’en a pas l’habitude à cette période de l’année. Et ça, c’est catastrophique. En hiver, un arbre fruitier est au repos et peut supporter des températures de -20 °C. Mais là, la végétation était avancée car on a eu un mois de février très chaud et les arbres se sont crus déjà au printemps. Dans ces conditions, le moindre gros froid détruit les récoltes ». 

Pour Daniel Sauvaitre, arboriculteur et viticulteur en Charente et secrétaire général de l’Interfel : « Chaque région a été touchée au fil des nuits. D’abord plutôt le Nord et l’Est jusqu’en Touraine, puis c’est descendu dans les Deux-Sèvres, les Charentes, la vallée de la Garonne. Et, encore après, le long du canal rhodanien jusque dans le Languedoc-Roussillon et la région Provence-Alpes-Côte D’Azur ». 

Abricots et cerises, les fruits les plus touchés 
« Ce sont plusieurs centaines de milliers d’hectares – je dis bien centaines de milliers d’hectares – qui ont été impactés », a déjà indiqué Julien Denormandie. Parmi les secteurs les plus touchés, la vigne mais également les fruits à noyau et notamment l'abricot et la cerise, avec un stade de développement avancé. Les fruits ayant déjà passé la phase de floraison et nouaison ne pourront pas être récoltés cette année. Selon Françoise Roch, la Vallée du Rhône et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur par exemple « sont des coins qui n’avaient jamais connu aussi froid à cette période de l’année. Seuls les cultivateurs qui ont réussi à protéger leur production s’en sortiront. » 

Côté cerises, la présidente de la FNPF affirme qu'« il n’y aura quasiment rien » et ajoute que les pertes en raisins de table et en prunes sont également importantes. 

Daniel Sauvaitre, indique également qu'il est encore trop tôt pour évaluer les dégâts sur les pêches et nectarines et reste optimiste pour les pommes « Depuis le nord de la France jusque chez moi et dans la vallée de la Garonne, les fleurs qui doivent encore ouvrir à ce jour, qui tenaient des températures de gel faibles, peuvent encore donner une récolte. Tout n’est pas perdu pour la pomme », mais fait toutefois preuve de prudence « On n’est pas encore sorti d’affaire d’ici aux Saints de glaces, à la mi-mai. Et il suffit parfois de battre un record de 1, 2 ou 3 °C pour que les dégâts soient très importants. » 

Pour Françoise Roch il faut attendre au moins 3 semaines pour connaître avec exactitude l'ampleur des dégâts. « On pourra alors avoir un état des lieux exact des dégâts, exploitation par exploitation, ajoute D’ici là, il faudra voir comment les fruits qui ne sont pas tombés vont réagir. Si l’arbre a été perturbé, certains fruits choqués qui ont l’air épargnés pourraient continuer de tomber et ne seront pas vendables. Certains fruits peuvent aussi continuer à grossir mais si leur épiderme a été gelé, il peut devenir rugueux et tout marron le rendant juste bon pour l’industrie. » 

Augmentation des prix à prévoir 
Ce manque de produits entraînera logiquement une augmentation des prix. « Quand on n’a que 30 % de fruits à récolter, la cueillette coûte plus cher. C’est normal que le producteur vende plus cher pour tenir compte de ses pertes et de tous les frais engendrés. Mais on espère que les centrales d’achats et les magasins joueront le jeu pour que les prix ne s’envolent pas. Et que les consommateurs seront compréhensifs et bienveillants pour se faire plaisir avec des produits français, même s’ils sont un peu plus chers. », précise Françoise Roch. 




Source : ouest-france.fr


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