A l'appel de la Confédération paysanne et la Fédération nationale du Bio, les agriculteurs bio d'Occitanie se joignent au mouvement et manifesteront le 2 juin à Paris contre la réforme de la PAC.
Pour la Fédération Nationale des Agriculteurs Bio (FNAB) « Avec la réforme de la PAC, le gouvernement met les agriculteurs bio à poil ».
« Nous sommes plus qu’inquiets », affirme Séverine Lascombe, productrice de fruits et légumes et co-présidente de Bio Occitanie (groupement régional des agriculteurs bio).
Le dispositif d'accompagnement au bio comprend à la fois les aides à la reconversion en bio et les aides au maintien de l'exploitation, les deux sur une durée de 5 ans. « Cela signifie que d’un point de vue agronomique, il faut compter 10 ans pour que les agriculteurs arrivent à changer de modèle. Pour que tous ceux qui pratiquent l’agriculture biologique sans produits phytos ni engrais de synthèse soient reconnus », explique Séverine Lascombe à France tv.
Les syndicats reprochent au ministère de vouloir réduire l'aide au maintien de ces exploitations bio « Ce qui risque de se passer, c’est que les 11.000 agriculteurs d’Occitanie qui sont en train de se convertir au bio fassent machine arrière et revenir à une agriculture conventionnelle. Pour la biodiversité, c’est terrible »,
Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, prévoit une enveloppe d’aide à l’installation en bio de 340 millions d’euros pour atteindre 18 % de surface bio en France, d’ici 2027. Mais le problème pour les syndicats est qu’en parallèle le ministère veut réduire l’aide au maintien de ces exploitations agricoles bio. "Ce qui risque de se passer, c’est que les 11.000 agriculteurs d’Occitanie qui sont en train de se convertir au bio fassent machine arrière et revenir à une agriculture conventionnelle. Pour la biodiversité, c’est terrible », indique Séverine Lascombe
Cécile Cluzet, administratrice de l’association de producteurs bio en Ariège « Une PAC qui dit, que vous arrêtez ou pas les produits phytos et engrais chimiques, vous aurez les mêmes aides. Ce n’est pas un discours qui encourage à passer en bio. De plus, c’est la période où la profession attend les directives pour faire le choix pour s’engager ou pas dans cette agriculture. Là, les arbitrages du ministère de l’Agriculture sont très défavorables ».
Selon les syndicats agricoles, les aides européennes sont soumises à la taille des exploitations défavorisant ainsi les exploitations de petites tailles.
Laurence Marandola explique « La politique agricole commune de Bruxelles, c’est 9,5 milliards d’euros, il y a 2 % pour l’agriculture bio alors que nous sommes 10 % et le reste pour les 430 000 agriculteurs en conventionnels ». 30 % des exploitations étant de petite taille ne pourront bénéficier d'aucune aide.
Source : francetvinfo.fr