Dominique Viel, Ferme des Arches :

« Le contexte actuel perturbe les habitudes de consommation d’oignons »

Ferme des Arches vient tout juste de commencer la récolte des oignons nouveaux avec deux à trois semaines d’avance par rapport à l’année dernière : « Nous avons eu une période printanière très longue et très sèche qui a demandé beaucoup de suivi en termes d’irrigation. Il a vraiment fallu être présents pour les cultures. Nous avons donc commencé à récolter vers le 31 mai lorsque nous avions démarré mi-juin la saison précédente. Pour l’instant, malgré une faible perte partielle de récolte induite par la grêle, le début de campagne se déroule relativement correctement. Les conditions climatiques de ce printemps ont favorisé une précocité intéressante », rapporte Dominique Viel, directeur commercial et marketing de l’entreprise.

Dominique Viel au salon Natexpo 2021 / © FreshPlaza 

Une qualité satisfaisante
Concernant la qualité, elle semble jusqu’à présent très satisfaisante : « Sur les jours courts et bulbilles, et ceux pour des variétés primeurs, les jaunes comme les rouges présentent un bon aspect et le calibrage est soutenu. Globalement, pour démarrer la campagne en nouvelle récolte avec un effet primeur, nous sommes très satisfaits. Nous sentons également que les centrales d’achat attendent cette nouvelle récolte française. Maintenant, nous continuons notre travail de communication auprès des distributeurs afin de les sensibiliser au fait qu’il s’agisse d’un oignon primeur et tout en ayant pris le temps de le sécher activement. Nous adaptons donc nos discours lors des commandes pour préparer nos clients à la manière d’exposer ces produits en magasin afin d’être en adéquation avec le rythme de consommation et la période ».

Un rythme de consommation atypique
Alors que la demande en oignons sur le mois de mai fut relativement timide, cela fait une bonne dizaine de jours que la consommation s’est réaffirmée : « La demande est dynamique en ce début de mois de juin, ce qui n’a pas été toujours observé les années précédentes. D’une façon générale, nous trouvons que le rythme de consommation aujourd’hui est un peu changeant et perturbé par rapport à ce que nous avons eu l’habitude de voir les années antérieures. Ces variations sont-elles liées à la crise sanitaire ? Aux conflits géopolitiques ? ou encore à la situation économique qui influence le pouvoir d’achat ? Il y a des marqueurs qui font percevoir des changements de rythmes de consommation et de types de dépenses. A voir dans quelques semaines si la consommation reviendra aux habitudes que nous lui connaissions, ou si ces perturbations s’inscriront dans le temps. Ce qui est certain, c’est que cette notion de baisse du pouvoir d’achat est significative aujourd’hui. Elle touche la gamme condiment comme toute la filière fruits et légumes en général. Fait peut-être d’ailleurs un peu trop mis en avant par une sensibilisation médiatique parfois trop centrée sur l’augmentation des prix des fruits et légumes…».

Inflation et loi AGEC : perçues comme une double pénalisation
Une baisse du pouvoir d’achat qui contraste là-encore avec une augmentation des coûts de production, exacerbés par la mise en application de la loi AGEC : « Nous subissons l’augmentation de coûts comme celui du transport, du gaz et de l’électricité , dont la consommation est élevée pour le séchage de nos produits. Les coûts liés à l’augmentation du prix des emballages sont bien plus importants et la loi AGEC vient surenchérir cette inflation économique. Nous sommes d’autant plus concernés par cette problématique étant donné que 85 % de nos produits sont pré-emballés, avec une bonne partie d’entre eux pour les moins de 1,5 kg, alors qu’il n’a jamais été autant consommé de produit préemballé durant la période COVID. Nous sommes donc doublement pénalisés en cette circonstance d’inflation et de surcoût. La santé financière de beaucoup d’entreprises de la filière fruits et légumes en sera fortement marquée. Voilà pourquoi nous demandons un réel accompagnement de la part de nos clients distributeurs. Chose qui est malheureusement encore loin d’être totalement acquise pour nos filières ». Faute de quoi, comme pour le secteur industriel aujourd’hui, le secteur de la production légumières dont les condiments, sera dépendant des marchés mondiaux !

Aux côtés de l’oignon, Ferme des Arches propose actuellement de l’ail bio et conventionnel ainsi que de l’échalote. Après les oignons jours courts, l’entreprise enchaînera avec les bulbilles, qui seront commercialisés jusqu’à fin août/ avant l’arrivée des oignons jaunes rouges de garde. 

Pour plus d'informations : 
Dominique Viel
Ferme des Arches
Tél. : 02 37 32 10 10
fermedesarches.com


Date de publication:
Auteur:
©



Receive the daily newsletter in your email for free | Click here


Other news in this sector:


Abonnez-vous à notre lettre d'information quotidienne pour vous tenir informé(e) des dernières actualités!

S'abonner Je me suis déjà inscrit(e)