Nathalie Gaillard, CING :

« La récolte de Noix de Grenoble cette année s’annonce volumineuse et particulièrement fruitée ! »

S’il est difficile de se prononcer avec exactitude sur les volumes de noix de Grenoble attendus pour cette campagne 2022, les premiers retours des producteurs laissent penser que la récolte sera particulièrement belle : « Nous nous attendons à une très grosse récolte. On parle de 30 à 40 % de tonnage supplémentaire par rapport à une année normale. Ajoutons à cela une très belle qualité de noix, conséquence de la sécheresse qui a limité la pression de ravageurs et maladies, induisant très peu de déchet lors des opérations de triage », rapporte Nathalie Gaillard, coordinatrice du Comité Interprofessionnel de la Noix de Grenoble (CING).


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Une AOP au service d’un savoir-faire traditionnel
C’est pour défendre cette qualité que l’AOP, anciennement AOC, a été créée en 1938. L’AOC Noix de Grenoble est d’ailleurs la première AOC fruitière ayant vu le jour en France. « Depuis, le cahier des charges a peu évolué, ce qui témoigne de la volonté de conserver un savoir-faire traditionnel. Même si bien entendu, la mécanisation dans les années 80 est venue soulager les producteurs et le progrès technique améliorer les techniques de séchage. Mais contrairement à d’autres cultures, la production de noix en France reste relativement familiale et plutôt traditionnelle. La plupart des exploitations sont petites et ne s’étendent pas sur plus de 5 à 10 hectares de surface ».


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Une culture extensive qui privilégie une conduite respectueuse de l’environnement
Malgré une petite production à l’échelle mondiale, la noix française a su se démarquer de ses concurrents grâce à cette qualité qu’elle privilégie par rapport à la productivité. « La production de noix françaises représente 40 000 tonnes. Si peu face à des pays tels que les Etats-Unis qui atteignent les 700 000 tonnes à l’année. Pour subsister face à une telle pression concurrentielle, la Noix de Grenoble a donc misé sur la qualité. Une qualité favorisée par un terroir, un savoir-faire et des variétés rustiques, mais aussi pas un système de culture extensif et qui tend à le rester. On compte environ 100 arbres par hectares, lorsque les Américains plantent de 300 à 400 arbres sur la même surface. Bien que leurs noyers soient plus petits que les nôtres, cette proximité accrue engendre nécessairement une plus grande pression vis-à-vis des ravageurs et maladies, et donc une utilisation plus fréquente de produits phytosanitaires. 30 % des producteurs de Noix de Grenoble sont engagés en Agriculture Biologique (ce qui représente 21 % des surfaces). Et les autres producteurs ont tous cette volonté de produire de manière la plus saine possible. Pour preuve, 90 % de la surface d’un verger est enherbée et fait donc l'objet d'une désherbage mécanique. De manière générale, tout est mis en œuvre pour diminuer les traitements chimiques et favoriser les solutions alternatives telles que le piégeage massif ou la confusion sexuelle ».


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Une qualité gustative qui séduit les fin-gourmets
Outre l’aspect cultural, les consommateurs de noix de Grenoble et grand chefs cuisiniers du monde entier ont d’abord été séduits par ses caractéristiques gustatives : « La saveur si spéciale de la Noix de Grenoble est certes due aux variétés rustiques qui la produisent mais également au terroir sur lequel elles sont cultivées de manière traditionnelle. Combinaison qui lui confère ce goût assez typé aux saveurs particulièrement fruitées cette année. Son goût est bien plus prononcé et conserve une petite pointe d’amertume que les connaisseurs apprécient tant. Contrairement à des variétés américaines comme la Lara qui ont certes le mérite d’être plus productives, mais qui sont dépourvues de ces saveurs si caractéristiques d’une bonne noix traditionnelle. La Noix de Grenoble sort clairement du lot par rapport à ses concurrents sud-américains et californiens. Il y a quelques temps, nous avons accueilli un grand chef pâtissier qui venait du Japon et qui travaille la noix de Grenoble depuis une trentaine d’année. Nous avons à cette occasion souhaité lui faire goûter la variété américaine Lara, qu’il a défini sans surprise de « fade », en comparaison avec la noix de Grenoble. On se rend également compte qu’au-delà de l’appellation, les clients étrangers comme les allemands et les italiens recherchent des produits qui viennent de la Vallée de l’Isère, car ils connaissent le savoir-faire et la qualité des noix de la région ».


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Une production qui reste stable
Ces dernières années, la production de Noix de Grenoble a peu évolué. Bien que le tonnage reste relativement stable (12 674 tonnes l’année dernière), les surfaces ont légèrement diminué en 2019 : « Je pense que cela est dû à la tempête de 2019 qui a détruit 60 000 arbres. Tous n’ont pas forcément été remplacés, ce qui a engendré une diminution de surface de 300 ha. On constate également une baisse du nombre de producteurs lié aux départs en retraite, plus importants que les nouvelles installations. Mais globalement, le volume reste le même. Les renouvellement de vergers ne sont pas si fréquents, étant donné que les noyers sont des arbres qui atteignent une longévité importante. Et même si la productivité d’un arbre peut diminuer au bout de 70-80 ans, beaucoup de producteurs préfèrent conserver des arbres souvent plantés par leurs grands-parents quitte à perdre légèrement en volume plutôt que de les arracher ».


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Une notoriété qui progresse
Créé en 1968, le CING a pour objectif de rassembler tous les producteurs de Noix de Grenoble afin de définir ensemble la stratégie à adopter pour faire rayonner le fameux fruit à coque sur les plans national et international. Parallèlement à cela, l’association œuvre pour faire connaître la Noix de Grenoble en France et dans le monde. Pour cela, le CING a multiplié ces dernières années les opérations de marketing et de communication. « Nous avons fait une enquête consommateur l’année dernière, qui a mis en avant le fait que la Noix de Grenoble a gagné 10 points de notoriété en 10 ans. Preuve que nos efforts en termes de promotion ont payé et que cette noix gagne à être connue. J’ai par ailleurs récemment visité un magasin dans notre région qui vendait 8 références différentes de noix de Grenoble. C’est la première fois que je vois autant de choix disponible en magasin. On peut donc aisément imaginer que face à cette offre étoffée il y a une demande correspondante ».


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Pour plus d’informations :
Nathalie Gaillard
CING
coordination@noixdegrenoble.com
www.aoc-noixdegrenoble.com  


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