Baisse des volumes prévue pour les agrumes marocains

En raison de différents facteurs, la saison marocaine d'agrumes s'annonce difficile. Mouad Hfa, responsable de production chez le producteur et exportateur Pro Prim situé dans les régions du Souss et de Chichawa, prévoit une baisse des volumes de 30 à 40 % par rapport à la saison précédente.

« Cette baisse est tout d'abord due au cycle des saisons. L'année dernière, l'exploitation a été intensive, ce qui fait que  les arbres fruitiers diminuent en rendement cette année. Nous éclaircissons pour diminuer le nombre de fruits par arbre afin de préserver un calibre correct, une récolte rapide, et de laisser à l'arbre le temps de se reposer. »

Une autre raison de la diminution du volume est l'augmentation du coût des intrants. « Le coût des engrais a triplé. Je connais des agriculteurs qui ont dû abandonner une partie de leurs programmes car ils ne sont plus rentable. »

Le cas de la variété Nadorcott en particulier : le producteur s'attend à une baisse de volume de 30 à 40 %. Pour certains producteurs jusque 60 %, mais nous avons fait beaucoup travailler au niveau technicité pour contenir l'effet de la sécheresse. Le volume a certainement diminué mais nous avons su garder une bonne qualité. » Il en résulte une hausse des prix des clémentines, et celles-ci seront réservées aux plus offrants - des clients américains certainement, selon Mouad.

Le plus gros challenge que nous rencontrons en tant que producteur, c'est la situation climatique. « Un chergui sévère (vent chaud et sec au Maroc) a frappé pendant la période de floraison et a endommagé une partie importante de la récolte. Le stress hydrique est devenu un problème que plus personne ne peut ignorer ni fuir. On creuse à 300 mètres de profondeur pour trouver de l'eau. Bien sûr, il y a des régions plus touchées que d'autres. »

Quant au marché, l'exportateur fait des affaires avec la Russie, le Canada, les pays européens, et récemment le Moyen-Orient. Mouad prévient que Pro Prim envisage de cibler l'Extrême-Orient, l'Indonésie et la Chine, et de pénétrer de nouveaux marchés européens où ils  n'ont encore jamais exporté, comme l'Allemagne.

Les agrumes marocains tentent de faire face à la concurrence féroce de la Turquie et de l'Égypte. « Les producteurs égyptiens bénéficient de coûts moins élevés, notamment la main-d'œuvre, et sont subventionnés par le gouvernement, sans parler de l'abondance de l'eau en Égypte. » Il s'agit donc d'une course contre la montre pour certains producteurs marocains, qui veulent liquider leur production avant que les producteurs égyptiens n'entrent sur le marché mondial. »

L'exportateur se bat pour maintenir son activité dans un contexte difficile de hausse des coûts et de contraintes climatiques. « Dans toutes les plantations ainsi que dans la station de conditionnement, nous sommes passés à l'énergie solaire. Nous progressons également beaucoup en technicité et en savoir-faire, afin d'assurer une qualité au top, et pour compenser la baisse des volumes. »

Pour plus d'informations :
Mouad Hfa
Pro Prim
Tél. : +212 615-545159
m.hfa@proprim.ma 


Date de publication:



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