Romain Cools à propos de la guerre des frites avec la Colombie

« L'Europe doit montrer les crocs, et si besoin, mordre »

Les industries belge, néerlandaise et allemande de la pomme de terre craignent qu'il devienne de plus en plus difficile d'exporter des frites congelées sur le marché sud-américain. La Colombie a annoncé qu'elle imposera des droits antidumping sur les produits de pommes de terre congelés en provenance de ces trois pays européens.

« La menace que représente la Colombie est relativement limitée. Le volume de frites envoyées sur le marché colombien est relativement faible. A ce jour, ce marché se porte bien avec un volume total d'importations de 47 000 tonnes en 2017/2018. La Belgique en exporte 27 000 tonnes, les Pays-Bas 11 000 tonnes, les Etats-Unis 3 600 tonnes, le Canada 2 200 tonnes et l'Allemagne 1 400 tonnes », explique Romain Cools de Belgapom qui est l'association belge du commerce et de l'industrie de transformation de la pomme de terre.

Il poursuit en disant : « C'est là que réside le cœur du problème. La procédure est mise en place par l'association des producteurs colombiens, Fedepapa. Ils travaillent avec les industries locales de transformation de la pomme de terre. Ils ne visent également que la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne. Pas les USA et le Canada, qui sont plus importants que l'Allemagne en termes de volumes. »

« Nous avons également établi que dans le cas de la Colombie, il est fait référence à l'Afrique du Sud et au Brésil. Ces pays ont déjà commencé et finalisé ces procédures. Notre troisième préoccupation est que la Colombie ne se contente pas de comparer les pommes aux oranges, elle les compare aux citrons », poursuit Cools.

« Les marges de vente néerlandaises et belges des frites sur les marchés locaux de ces pays sont comparées aux marges des produits vendus sur le marché colombien. Ce sont des produits complètement différents, mais les gens n'en tiennent pas compte. Et ce, malgré les pressions répétées de l'Europe », dit-il.

Effet domino
Les pourcentages ne sont pas encore connus, mais on s'attend à ce qu'ils soient à la baisse. « Cela démontre qu'il s'agit également d'une question politique. L'organisation paysanne qui a déposé la motion a joué la carte du nationalisme pour obtenir un soutien politique ", dit Cools. "Ce qui nous préoccupe le plus, c'est que c'est la troisième fois qu'une telle requête est déposée. Nous avons entendu dire que les pays voisins de la Colombie ont l'intention de faire de même. »

« Le danger réside dans le fait qu'un effet domino se crée. Nous avons donc demandé à la Commission européenne de mettre un terme définitif à ces pratiques », dit-il. « Nous suggérons que l'Europe dépose une plainte auprès de l'OMC. Si la Colombie est poursuivie en justice, cela brisera aussi les espoirs de tous les autres pays qui avaient l'intention de faire de même. Ces pays partent du principe que l'Europe ne fait qu'aboyer, mais qu'elle ne mord pas. Nous voulons que l'Europe montre ses crocs et, si nécessaire, qu'elle morde. »

Afrique du Sud et Brésil
Selon Cools, il ne s'agit pas seulement de l'affaire colombienne. Cela concerne également tous les cas possibles. La décision sud-africaine date de 2014. En 2019, il a été convenu de la prolonger. « Il y a de fortes chances pour qu'elle soit à nouveau étendue. Au Brésil, nous sommes allés directement au tribunal, mais le juge n'a même pas examiné l'affaire », explique-t-il.

« En Afrique du Sud, les prélèvements ont effectivement entraîné une baisse (temporaire) des importations. Au Brésil, le volume est resté le même. Il n'y a eu que les fournisseurs qui ont changé. Les impôts sont prélevés en fonction de chaque société privée. Chacun a son propre tarif », dit Romain. « Pourquoi se concentrent-ils sur l'Europe ? Cela me fait penser qu'il y a une dimension politique là-dedans. »

Mesure de protection
Il est essentiel de mettre un terme à cette méthodologie et de ne pas laisser d'autres pays s'en inspirer. « Nous avons déjà entendu des rumeurs du Pérou et de l'Argentine. Après le Brexit, si le Royaume-Uni entame une procédure similaire, la même chose pourrait se produire là-bas. Il ne faut pas sous-estimer l'effet que cela aura sur l'ensemble de la chaîne européenne de la pomme de terre. »

« Et une petite précision - en fin de compte, ce sont les consommateurs locaux qui sont les victimes de ces taxes. Les marges de vente augmentent et les consommateurs doivent payer plus cher pour leurs frites », conclut Cool.

Pour plus d'informations :
Romain Cools
Belgapom

3 Sint-Annaplein
9290 Berlare
Romain@fvphouse.be
www.belgapom.be


Date de publication:



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