Angélica Velasco, Naturalvi :

« Les GMS ne veulent plus de plastique »

L’industrie de l’emballage fait face aujourd’hui à un grand défi, la volonté des enseignes de distribution et des consommateurs de passer du « tout plastique » au « zéro plastique ». Les entreprises d’emballages écologiques et recyclables ont donc dû s’adapter rapidement à ce changement soudain. Depuis novembre 2018, Naturalvi qui était une structure familiale basée sur un modèle de production de 8h est aujourd’hui une entreprise dont la production en 3x8 se fait aussi le samedi.


Crédit Photo : Naturalvi

« La perception des emballages plastique en Europe a changé »
« C’est le refus des pays asiatiques de devenir les recycleurs du monde qui a déclenché cette augmentation de la demande d’un emballage plus respectueux de l’environnement. La Chine qui a fermé ses usines de retraitement, la Malaisie, l’Indonésie et l’Afrique qui croulent de plus en plus sous les ordures et commencent à refuser d’en traiter davantage. Nous nous rendons compte que nous générons beaucoup trop de déchets et qu’il est grand temps de repenser le système. Car le problème vient également d’une mauvaise éducation du consommateur qui cherche des produits emballés dans du plastique parce qu’on nous l’a vendu comme hygiénique, meilleur et moderne », explique Angélica Velasco, responsable communication chez Naturalvi.
 
Si la demande a énormément augmenté pour les emballages en papier, c’est donc du fait des changements dans la perception du plastique en Europe mais aussi de la législation qui dans certains pays impose des taxes sur les emballages en plastique à partir de cette année. Ce qui fait que les GMS exigent désormais des emballages alternatifs, facilement recyclables ou même compostables.

Si certains clients ont donc pu se sentir contraints à passer leur première commande, une fois le produit essayé, il est comme adopté : « Nos clients se rendent compte que les parois de nos alvéoles en papier kraft sont bien plus hautes, empêchant ainsi les fruits de se toucher. De ce fait, la durée de vie en rayon des fruits est beaucoup plus longue. Les motivations ne sont donc plus les mêmes lors de la seconde commande », explique Angélica.


Crédit Photo : Naturalvi

« Nous avons investi dans notre outil de production pour répondre à cette demande croissante »
Naturalvi propose plus de 15 000 références à sa clientèle : « Nous ne pouvons donc pas avoir de stock et travaillons surtout sur commande. Le rythme est intense et les délais sont passés à 6-7 semaines de fabrication. Nous sommes conscients que l’on travaille en flux tendu parce qu’il y a des denrées périssables de l’autre côté de la chaîne. C’est à cause de cela que nous communiquons beaucoup auprès de nos clients pour qu’ils essayent d’anticiper leurs besoins au maximum car on ne peut pas aller au-delà de la capacité de production des machines. Voilà pourquoi nous sommes en train d’investir dans une nouvelle ligne de production. Même si ce grand chantier nous oblige à arrêter les projets de création de nouvelles références, nous voulons donner la priorité totale et absolue à l’augmentation de la capacité de production et la réduction des délais de livraison », explique Angélica.

Une demande importante à l’export 
« Pour nous, les grands marchés sont la Belgique, la Hollande, la France, l’Espagne et l’Italie, qui sont d’importants pays producteurs de fruits et légumes en Europe, mais le nombre de pays dans lesquels nous exportons ne cesse d’augmenter. Nous avons des clients dans le Sud-est asiatique, en Amérique du Sud, du Nord, en Afrique du Sud, en Israël, ou encore en Australie et Nouvelle-Zélande ». 

« Avant, les alvéoles Naturalvi étaient un produit de niche, orienté vers des producteurs de fruits premium. Maintenant on vend beaucoup d’alvéoles non imprimées pour que les agriculteurs, les distributeurs et les commerçants en fruits et légumes puissent exporter vers l’Europe », explique Angélica.


Crédit Photo : Naturalvi

« Il y a le risque d’une surexploitation des forêts »
« Chez Naturalvi, nous utilisons toujours du papier kraft vierge et non du recyclé, car la loi européenne permet de ne pas toujours en déclarer la composition. Nos fournisseurs sont certifiés FSC et non pas FSC mix, de façon à être sûrs que notre papier provient de forêts bien gérées dans lesquelles pour chaque arbre coupé un autre est planté. Aussi, nous travaillons avec des fournisseurs de couleurs qui nous garantissent que leurs encres à base d’eau sont sûres et non toxiques. »

Si l’entreprise a décidé de répondre à des standards de qualité très élevés quelle que soit la pression de la demande, Angélica craint que ce tournant soudain ne fasse l’objet de dérives : « Tous les changements demandent du temps. La grande distribution et les consommateurs veulent changer du jour au lendemain mais cela va être très difficile car, quel que soit le type de produit, des transformations de cette magnitude demandent d’énormes efforts et de gros investissements en ressources humaines et matérielles. Ce genre d’évolutions prend du temps et ne peut pas se faire du jour au lendemain. Nous allons grandir et augmenter la capacité de production, créer de l’emploi et continuer d’offrir un produit de qualité « made in France » et vendu partout autour du globe ».

« Nous essayons de nous adapter rapidement à l’augmentation de la demande mais je pense qu’il aurait mieux valu pour tous les acteurs de la filière que ce changement s’effectue d’une façon plus échelonnée. Il faut tenir compte des risques d’une surexploitation des forêts pour fabriquer du papier mais aussi du carton ou des caisses en bois. Je pense que ce qui est dangereux, ce n’est pas nécessairement le plastique lorsqu’il est réutilisable, mais plutôt l’usage unique », conclut Angélica.  


Crédit Photo : Naturalvi

Pour plus d’informations :
Angelica Velasco
Naturalvi
Tél. : +33 (0) 3 88 07 27 83 
a.velasco@naturalvi.com 
www.naturalvi.com 
 


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