La grève se prolonge : une ambiance morose à Rungis

Vincent Berlemont, chargé de communication et marketing chez Desmettre, grossiste multi-spécialiste en fruits et légumes à Rungis, confirme que le marché est très calme en ce moment en ce qui concerne l’ensemble des produits. « Nous observons, depuis début décembre une baisse d’environ 5 % de chiffre d’affaires par rapport à 2018, ainsi qu’une baisse de 7 % de marge, soit une baisse en volume d’environ 200 tonnes. En ce moment il y a moins de clients à Rungis que d'habitude. La plupart des routes sont bouchées et cela commence déjà tôt le matin. Quelques clients viennent dès 3 heures du matin pour l’ouverture et repartent aussitôt pour ne pas être coincés dans les bouchons. »

Selon Vincent, les clients ne viennent pas à Rungis car le consommateur final ne se rend pas dans les commerces, ni sur les marchés à cause des grèves et des problèmes de transport mais aussi à cause de la météo.  « C’est dû à la grève mais la météo joue un rôle important. Il fait froid et humide, il y a des inondations dans beaucoup de régions en France et les gens sortent moins sur les marchés. Du coup, les clients achètent moins. Les fournisseurs sont également touchés et sont mécontents de la situation car les roulements de marchandises se font moins vite. Ils ont aussi du mal à livrer avec les route bloquées. »

Magasins parisiens impactés
Un autre grossiste basé sur Rungis rapporte que l’impact est surtout très fort sur les magasins parisiens. « Nous avons pas mal de clients qui sont basés dans les beaux quartiers de Paris. C’est là où sont tous les manifestants. Du coup il n’est plus possible de transporter des produits. Mes clients ont passé un très mauvais weekend et ils s’inquiètent de l’approvisionnement pour les fêtes de Noël. »   

Le grossiste ajoute que les consommateurs ne peuvent plus circuler dans Paris pour faire des courses. « Ceux qui ont des voitures vont en dehors de Paris. Par conséquent, l'activité de nos clients en dehors de la région parisienne est plutôt dynamique. Ils ne sont pas impactés. Dans la banlieue certains magasins travaillent même bien plus que d’habitude. »

Les prix chutent
« A Rungis, l'ambiance est morose, » rapporte un exportateur néerlandais. « Cela fait 13 jours que les grèves durent. L'activité sur les marchés ainsi que dans la restauration est très calme, ce qui impacte les grossistes. Le MIN est très peu dynamique, et comme il n'y a pas beaucoup d'acheteurs en raison d'une faible consommation, les prix des marchandises chutent, pour essayer d'écouler les stocks.

Pour les grossistes, la situation est très difficile. Certains d'entre eux voient leur chiffre d'affaires sur la période baisser de 50 %, alors que normalement, à l'approche des fêtes, la consommation devrait être dynamique. » 

Aujourd’hui encore il y aura des manifestations à Paris ainsi que dans toute la France et cette situation risque d’être prolongée au-delà des fêtes de fin d’année.


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