Moral en berne chez les producteurs depuis la fermeture des marchés

La fermeture des marchés ouverts prive les agriculteurs adeptes du « circuit court » de débouchés pour leurs produits.

À Sainte-Pazanne en Loire-Atlantique, la famille Plantive, productrice bio depuis trois générations, digère mal la nouvelle. Leur production est vendue localement sur les marchés de Rezé, Bouaye et Nantes à la Petite Hollande.

« Dans cette situation de confinement avec le coronavirus et l'interdiction qui nous est faite de vendre sur les marchés, pas question de mettre en culture ce qui ne pourrait pas être vendu ! Même si dans cette période difficile, nous avons, presque, de la chance, la ferme est entre deux saisons, les légumes d'hiver tirent sur la fin, et les légumes d'été ne sont pas encore entrés en production », explique Daniel Plantive.

Dans leur exploitation, les rangs de poivrons ont déjà été plantés et les haricots ainsi que les petits pois ont commencé leurs cycles. Impossible d’attendre la fin de la crise du coronavirus pour reprendre la production. « Nous vendons 60 % notre production via les AMAP de Trentemoult à Rezé, du Petit-Breton à Saint-Herblain et à Bouaye. Aux dernières nouvelles à Bouaye, le maire refuserait la distribution des paniers sur la voie publique », précise Élisabeth. « À priori nous pouvons distribuer aux particuliers, alors nous sommes en train de mettre en place une tournée de livraison pour vendredi après-midi vers Rezé puisque le marché du 8 mai sera fermé ».

Les habitudes vont devoir changer : les clients devront se faire connaître par e-mail pour passer leurs commandes. « On se donne jusqu'à jeudi après-midi pour ensuite préparer les commandes, organiser la tournée et sonner aux portes ! », poursuit Élisabeth.

Pour eux, l’arrêté préfectoral annonçant la fermeture des marchés ouverts va à l’encontre des recommandations faites auprès de la population de consommer frais et local. « Il nous supprime les circuits de vente, cela revient à nous mettre en difficultés et à donner le signe aux gens qu'il vaut mieux aller dans les grandes surfaces », s’exclame l’agricultrice. « On nous dit que les rassemblements de personnes sont à éviter, nous sommes bien d'accord et depuis le début nous n'avons pas manqué de rappeler à notre clientèle les mesures barrières, mais en grande surface tout le monde peut toucher les fruits et légumes... c'est absurde ? Non ? ».

« Si l'interdiction de vente au marché dure trop longtemps, les salades seront bonnes à jeter ! », se plaint Daniel. Mais le travail se poursuit malgré tout : « Je vais préparer la serre pour planter les premières tomates Paola ».



Source : francetvinfo.fr


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