500 000 tonnes de pommes de terre sur les bras des producteurs des Hauts-de-France

La filière pomme de terre connaît un embouteillage sans précédent suite à la fermeture des bars, des restaurants et des cuisines des collectivités. En effet, les usines de transformation qui fabriquent les frites tournent au ralenti. La consommation de frites industrielles « hors domicile » s’est effondrée.

Dans les Hauts-de-France où sont produit plus des 2/3 de la production nationale, « c'est une catastrophe », explique Laurent Degenne, producteur de pommes de terre à Licourt dans l’est de la Somme et président de la Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FRSEA) des Hauts-de-France. « Il y a quelques semaines, on a eu des soucis à l’exportation vers l’Asie. Maintenant, avec le confinement, la restauration rapide, qui est un gros client, fonctionne au ralenti. Les usines de transformation tournent aussi très lentement, avec une ou deux lignes. En amont, les pommes de terre restent bloquées chez les agriculteurs. A un moment donné, ça va forcément peser sur le marché : nous redoutons un effondrement des cours ».

« Pour la seule région des Hauts-de-France, près de 500.000 tonnes de pommes de terre pourraient ne pas être transformées, faute de débouchés industriels d’ici la fin de la campagne au mois de juin », précise Alain Dequeker, producteur de pommes de terre à Avesnes-le-Sec. « Je suis très inquiet des conséquences économiques que cette situation va occasionner pour les producteurs. Si je prends mon cas : j’ai 600 000 euros de pommes de terre en attente entreposées chez moi ».

Ils travaillent tous à chercher des solutions à cette situation particulière : « L’export pourrait absorber 10 % des pommes de terres qu’on a sur les bras. Après, il nous faudra trouver des solutions comme l’alimentation animale, la méthanisation même si aujourd’hui ces débouchés nous semblent anecdotiques. La solution pourrait être la réouverture des féculeries qui produisent de l’amidon pour l’industrie agroalimentaire, mais elles fonctionnent de façon saisonnière et sont actuellement en maintenance. Une maintenance elle-même contrariée par le confinement », explique l’agriculteur. Pour l’instant l’avenir reste flou.

 


Source : francebleu.fr


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