Inquiétudes sur la situation des saisonniers étrangers pour les exploitations de fruits et légumes françaises

Avec le déconfinement qui approche, les producteurs redoutent le manque de main-d'oeuvre étrangère en plein pic d'activité des récoltes.

Après que de nombreux citoyens se sont proposés pour travailler dans les champs durant le confinement, la fin de ce dernier les fera regagner leurs emplois d’origine. Pour les agriculteurs, cela tombe mal alors que la saison des récoltes sera à son pic. Le manque de travailleurs saisonniers étrangers devient de plus en plus préoccupant pour les producteurs qui emploient un grand nombre d’ouvriers du Maghreb, d’Espagne et de Pologne pour assurer celle-ci en temps normal.

Pour le moment, la situation aux frontières et la circulation des personnes n’est pas encore très claire. Pour Patrick Bonnier, agriculteur à Chamboeuf dans la Loire, il a déjà fallu jongler avec la suspension de certains marchés. Désormais, le flou des semaines à venir l’inquiète. « Pour le moment, j'ai du personnel qui n'était pas prévu de rester si tard, il a fallu improviser et on a fait un peu plus d'heures. Comme je suis en bons termes avec eux, ils m'ont fait cette fleur de rester chez moi. Quand il y aura une plus grosse charge de travail, pour les mois à venir, il va falloir que la situation se décante d'un côté ou de l'autre ! Je travaille avec des saisonniers polonais qui sont bloqués et ne peuvent pas passer la frontière entre la Pologne et l'Allemagne et entre l'Allemagne et la France. Je vais essayer de faire marcher tous mes contacts pour voir si je peux trouver du monde mais après, ça sera au petit bonheur la chance ! », explique-t-il.

« Mon gros problème, c'est le manque de visibilité ! Recruter maintenant, c'est compliqué ! », précise Pascal Fournel, producteur de fruits rouges à Montregard en Haute-Loire. « Des gens expérimentés en récolte, c'est pas simple à trouver et s'il faut former l'ensemble d'une équipe, ça va être très long ! On n'a pas de gros rapports dans mon exploitation donc si on n'est pas efficace, économiquement, ça va être dur ! Les jours où je suis le plus pessimiste, cette situation à venir, ça peut atteindre la pérennité de l'exploitation ! »

Le président du GIE des producteurs de fruits rouges des Monts du Velay en Haute-Loire a déclaré qu’il restait suffisamment de temps au secteur pour s’organiser, comme pour les récoltes de framboises qui n’ont lieu qu’en juillet : « On conseille aux producteurs de rester bien en contact avec leurs saisonniers, de les rassurer, de leur trouver une solution pour le transport. Je ne vais pas dire que c'est garanti à 100 % mais cela semble quand même assez s'assouplir au-niveau des frontières. Il y a une partie des saisonniers étrangers qui ne va pas venir : il y a certaines personnes un peu plus âgées, qui ont entre 50 et 60 ans qui sont plus hésitantes, mais ce n'est pas la majorité des cas. On prévoit quand même, pour tous ceux qui ne vont pas venir, de recruter localement. Aujourd'hui, on a un tout un tas de personnes sous le coude : beaucoup d'étudiants qui ne pourront peut-être pas travailler dans les restaurants du bord de mer ou en montagne et tous ces gens-là cherchent du travail. Il seront certainement moins expérimentés mais il faudra faire avec ! Il faut rester optimiste bien sûr ! Les plantations sont quand même relativement belles, il n'y a plus de gelées de printemps, il y a un gros potentiel donc en mettant en oeuvre justement tout ce qu'il faut pour que ça se passe bien, il n'y a aucune raison pour que ça se passe mal ! »

 


Source : francebleu.fr


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