Au Bénin, les producteurs d’ananas sont au bord de la faillite

La crise liée à la pandémie de coronavirus n’a pas seulement un impact en Europe. Au Bénin, l’ensemble des productions agricoles est durement touché. Parmi celles-ci, la culture de l’ananas tient une place privilégiée. L’ananas représente le troisième produit agricole de ce pays ouest-africain, en termes de contribution au produit intérieur brut (PIB).

Alors que la production et la commercialisation de ce fruit exotique annonçaient de très belles perspectives cette année, les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 sont venues interférer dans les projets. « Cette crise a causé beaucoup d’amertume aux agriculteurs que nous sommes. Nos activités se sont arrêtées parce qu’on arrivait plus à vendre nos productions. Après les récoltes, l’ananas est un fruit qui ne tarde pas avant de pourrir », a déclaré Nonhomè Justin, producteur d’ananas à Zè.

Malgré la place majeure de la filière de l’ananas, le recensement des personnes exerçant des métiers impactés par le covid-19 organisé par l’Etat béninois ne les a pas pris en compte de manière à ce qu'ils puissent espérer un dédommagement. Pourtant la fermeture des frontières a porté un coup dur aux producteurs : « Notre calvaire a commencé depuis la fermeture des frontières du Nigéria. La situation de Covid-19 est venue envenimer la situation. Le prix de l’ananas a totalement chuté », explique Avocè Mama, un autre agriculteur. Pour sortir de leurs difficultés, les producteurs vont devoir souscrire des prêts auprès des banques ou des caisses agricoles. 

Malheureusement, les produits se vendent mal et les producteurs éprouvent d’énormes difficultés pour écouler leurs productions. « Malgré la levée du cordon sanitaire, la situation est demeurée la même. Habituellement, les périodes de Ramadan sont très rentables dans la vente de l’ananas. Mais cette année, c’est le chaos », poursuit l’agriculteur. « Nous avons des fruits qui se gâtent dans les champs. Quand les clients viennent, ils font le tri et laissent les plus petits, alors qu’ils n’y pas une usine de transformation auprès de laquelle nous pouvons écouler les restes », confirme Zaclé Mathias, exploitant agricole et président communal des producteurs d’ananas. 

Toutes les unités de transformation de l’ananas ont en effet fermé pour défaut d’écoulement de leurs produits. « Les employés sont tous actuellement en chômage technique parce que le centre a arrêté la production. Nous n’avons plus la possibilité de convoyer les fruits transformés vers l’extérieur à cause de la fermeture de l’espace aérien », a déclaré un responsable de Blue Skies, une grande unité de transformation de l’ananas, située à Allada (département de l’Atlantique au Sud du Bénin). « La compagnie aérienne qui assurait le transport des marchandises est également à l’arrêt, donc nous sommes obligés de tout arrêter en attendant la réouverture de l’espace aérien ». 

Fermeture d’entreprises de transformation, désorganisation des chaînes d’approvisionnement, coût élevé du transport, baisse du prix de vente de l’ananas, etc. Afin de sauver la filière, les autorités béninoises vont devoir intervenir. D’autant plus que ces dernières années, le gouvernement a investi pour améliorer la visibilité des deux variétés (Cayenne lisse et Pain de sucre) de l’ananas au Bénin à l’extérieur, surtout sur le marché européen.

 


Source : beninwebtv.com


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