L’engouement pour la noix de coco nuit à l’environnement

En plein croissance depuis une dizaine d’années, le secteur de la noix de coco encourage les consommateurs à consommer de plus en plus de ce fruit aux vertus antioxydantes, anti-inflammatoires et aux effets « brûle graisse ». On retrouve en effet ce fruit dans une multitude de produits : huile, eau, lait, crème, sucre, farine, flocons, chips etc. En 2019, l’industrie mondiale des produits à base de noix de coco était estimée à 12,75 milliards de dollars et pourrait atteindre 31,1 milliards de dollars d’ici 2026.

La noix de coco vient essentiellement d’Asie du Sud-Est, puisque près des trois-quarts de la production mondiale provient des Philippines, de l’Indonésie et de l’Inde. Malheureusement, la demande en noix de coco a des conséquences désastreuses sur la production naturelle et durable ainsi que sur les agriculteurs. Les cocotiers donnent des fruits pendant 30 à 40 ans et de nombreux cultivateurs pratiquent la « monoculture », qui finit par épuiser les éléments nutritifs du sol. Ils ont ensuite recours à des engrais chimique pour compenser.

La culture de noix de coco représente une énorme superficie dans ces pays et est aujourd’hui exploitée par une agriculture intensive. « La monoculture que nous mettons en place va finir par anéantir toutes les autres cultures », déplore Tomy Mathew, fondateur de Fair Trade Alliance Kerala. Par exemple, dans l’État indien du Tamil Nadu, les réserves en eau s’épuisent « à un rythme alarmant pour irriguer ces fermes. Comme c’est le cas pour le cacao ou la vanille, ce type de productions utilise les ressources de manière intensive et n'est pas durable à long terme ».

« Selon moi, le boom des « tendances alimentaires » en Occident et dans l’hémisphère nord fait peser un fardeau injuste sur les agriculteurs pauvres de l’hémisphère sud », indique Simrit Malhi, agricultrice en permaculture à Roundstone Farms. Il ne faut pas oublier que des arbres comme le cocotier ou l’avocat mettent au minimum trois à cinq ans pour arriver à maturité et commencer à produire des fruits. Souvent, lorsque les fruits sont mûrs, la mode est passée, ce qui oblige les agriculteurs les plus pauvres à avoir recours à des produits chimiques pour obtenir des résultats plus rapidement ».

Le pic de production mondiale de noix de coco a eu lieu en 2013. Depuis, les rendements ne cessent de baisser. « La production de la région Asie-Pacifique n’a augmenté que de 1,3 % par an seulement de 2000 à 2015. La plupart des planteurs rechignent à produire de la noix de coco face aux salaires exorbitants qu’on leur demande pour grimper sur les cocotiers et décortiquer les noix », explique Mathew Jose, fondateur de la société Farm Origin. « Les agriculteurs de cette région choisissent plutôt de commercialiser leurs terres ou de cultiver des arbres fruitiers exotiques (ramboutan, mangoustan) pour augmenter leurs revenus ».

Malgré l’engouement pour la noix de coco, les producteurs n’en reçoivent pas les bénéfices. Les conglomérats qui fournissent les supermarchés s’approvisionnent en noix de coco auprès de grandes plantations de monocultures qui sont privatisées et mécanisées pour assurer un approvisionnement constant. Entre les achats groupés et les intermédiaires, « lorsqu’on fait la moyenne [des fluctuations du prix du marché] sur deux ou trois récoltes, les agriculteurs ne s’y retrouvent pas ». Par ailleurs, « les planteurs ne constatent pas d’augmentation analogue des prix des noix de coco crues. L’augmentation intervient principalement au niveau de la chaîne d’approvisionnement », ajoute M. Jose. « Une huile de coco vendue à 20 dollars est fabriquée à base d’une noix de coco vendue à [14 cents]. À moins que la chaîne d’approvisionnement ne promette un prix équitable au producteur d’origine, je m’interrogerais réellement sur l’éthique de ce produit ».

Pour M. Matthew, « II est extrêmement important de se questionner sur les chaînes d’approvisionnement durables », en privilégiant les marques qui tentent de garantir des prix équitables aux producteurs de noix de coco et d’encourager la polyculture.

 


Source : huffingtonpost.fr


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