Lundi 8 mars, le tribunal correctionnel de Metz a prononcé la relaxe pour un ressortissant ukrainien arrêté en février avec 138 kilos de cannabis dans sa cargaison d’oignons.
Le 16 février, les douaniers ont intercepté le camion arrivant d’Espagne sur l’A31, à hauteur de Talange. Il sortait de la banlieue de Lyon où s’était effectué un changement de chauffeur. Ce dernier devait conduire le véhicule en Allemagne via le Luxembourg.
Lors de l’interpellation, le chauffeur n'a pu présenter les justificatifs d’achat des produits. Les douaniers ont donc procédé à une fouille du véhicule. C’est alors qu’ils ont trouvé sous des cagettes d’oignons, des sacs thermo-soudés qui contenaient 138 kilos d’herbe de cannabis pour une valeur estimée à 1 M€.
Le nouveau chauffeur a affirmé n’avoir « aucune idée de ce que mon véhicule transportait car je ne pouvais pas accéder au chargement ». Le ministère public l’a interrogé sur la raison de l’usage d’une messagerie cryptée pour communiquer avec son employeur, convaincu d’avoir affaire au mode opératoire des « stupéfiants qu’on cache sous des salades ou des citrons ».
L’avocate du prévenu a démonté chacun des arguments du ministère public : « Quel chauffeur routier a le temps de vérifier sa cargaison ? S’il avait su qu’il transportait une telle cargaison, pourquoi n’est-il pas parti directement en Allemagne, au lieu de passer une autre frontière, celle du Luxembourg ? Prendrait-il autant de risques pour gagner 5 000 € alors qu’il a un casier vierge, une femme, un enfant et gagne 1 800 € mensuels ? », a-t-elle déclaré. « Jamais, je n’aurais pas pris ce risque pour ma famille », a déclaré le ressortissant ukrainien.
Le tribunal a donné raison au conducteur, jugeant qu’il n’était pas au courant du contenu de la cargaison qu’il transportait.
Source : republicain-lorrain.fr