Vague de gel dans l'Hexagone : les professionnels constatent les dégâts

La vague de froid qui a touché la France et avec elle de violents épisodes de gel, a provoqué des dégâts considérables, du nord à la vallée du Rhône en passant par le Sud-Ouest, de nombreuses régions sont touchées. Une véritable catastrophe pour les producteurs qui n'avaient pas connu de telles températures (jusqu'à -6°C dans certaines zones) depuis près de trois décennies. Les professionnels demandent au gouvernement des mesures d'urgence et d'accompagnement pour faire face à la situation.

De son côté, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) « appelle à une réaction rapide des pouvoirs publics » qui doivent « envisager dès à présent les mesures d'indemnisation permettant à chacun de passer l'année difficile qui s'annonce ».

« Quand il y a des températures aussi exceptionnelles, personne n'y peut rien. La nature s'impose à nous », indique Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, interrogée par franceinfo.

Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a déclaré sur Public Sénat « Il faudra quelques jours pour mesurer précisément l'ampleur des dégâts ». Sur franceinfo, le ministre affirme « On est aujourd'hui face à une situation qui est tout à fait exceptionnelle, qui est particulièrement difficile ». Si les pertes sont lourdes, il est encore trop tôt pour chiffrer les dégâts. 

Pertes dramatiques pour les arbres fruitiers 
Le président de l'Association nationale pommes et poires (ANPP) et secrétaire général d'Interfel, Daniel Sauvaitre explique à l'AFP que les « pêches, les nectarines et les abricots vont être rares sur les étals cette année. Tout l'enjeu, c'est de savoir s'il reste suffisamment de fleurs qui soient encore vertes pour faire une récolte. Et nous ne sommes que mi-avril, on peut geler jusque début mai ». 

Sur son blog, Daniel Sauvaitre écrit « Trois nuits de gel qui ont touché successivement la quasi-totalité des régions de production de pommes et de poires en France. [...] Pour les vergers qui connaissent plus rarement les gelées printanières, ou parce qu’elles sont le plus souvent d’un impact faible, tours à vent, bougies et autres Frostbusters ont montré leur limites. Un grand nombre de fleurs ou de jeunes fruits ont gelés. La floraison abondante de l’année autorise encore l’espoir d’une récolte. Cela dépendra des variétés, des stades atteints par la végétation et des conditions de la pollinisation à venir. [...] Mais il faudra comme chaque année attendre la mi-mai pour enfin pouvoir faire les premiers comptages et évaluer la récolte à venir. [...] Après la protection contre la grêle et contre la sécheresse, la protection contre le gel ne peut plus être une option mais un impératif de plus pour la réussite agronomique et économique du verger ».

Dans certaines régions, les professionnels ont perdu la quasi totalité de leur culture. Pour les arboriculteurs dont les productions étaient plus avancées (phase de floraison), le constat est amer. « On a eu une vague de gel hivernale avec des températures qui sont descendues jusqu’à -5 et -6° dans les vergers et les vignobles, rien à voir avec des gelées de printemps et à ce stade de maturité les vergers et les vignes n’ont pas tenu le coup malgré les mesures de préventions déployées, tour à vent, bougies et système d'aspersion en eau. Le bilan n'est pas bon », explique Françoise Roch, arboricultrice dans le département du Tarn-et-Garonne et présidente de la fédération nationale des producteurs de fruits.   

En Occitanie par exemple, 70 à 100 % des cultures ont été détruites par le gel. En Provence-Alpes-Côte d'Azur le constat est tout aussi mauvais. « On a eu des températures de -5 à -10 °C selon les secteurs, et malgré les mesures de protection, ça n'a pas permis de sauver toutes les cultures. Si nous prenons l'exemple des vergers, nous avons perdu entre 60 et 100 % de la future récolte. On parle de 200 hectares de pommiers et quasiment 10 000 tonnes de pommes, rien que sur la commune de La Motte-du-Caire », affirme Laurent Depieds, producteur de pommes dans les Alpes-de-Haute-Provence et secrétaire régional de la FNSEA 


 

Déclenchement du régime de calamité agricole 
Julien Denormandie a annoncé le déclenchement du régime de calamité agricole dès jeudi. « Cette aide est réservée aux exploitants « justifiant d'un taux de perte physique de 30 % de la production annuelle ». Le montant débloqué n'a pas encore été communiqué. 




Source : bfmtv.comouest-france.fr / rtl.fr
Photo : © Eric Camoin - Maxppp


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