Jocelyn Joncour, SCEA Les Jardins Bio du Médoc :

La production de myrtilles françaises en danger : les sociétés d’assurance ne veulent plus assurer les cultures


Pour la troisième fois depuis 2018, le gel a fait énormément de dégâts sur les cultures de myrtilles en France, impactant cette année la production à hauteur de 80 % pour certains professionnels de la filière. Face au changement climatique qui engendre des conséquences économiques de plus en plus importantes, les sociétés d’assurance ne veulent plus prendre le risque d’assurer les cultures : « C’est un vrai sujet actuellement. La semaine dernière, notre société d’assurance nous a annoncé qu’elle ne voulait plus nous assurer pour les prochaines campagnes. Et il n’y a pas de négociation possible. Cela malgré les cotisations très élevées que nous payons. Les risques sont effectivement désormais trop importants pour elle. Cette année, les primes à reverser pour couvrir la perte de production liée au gel sont 40 % plus importantes que les cotisations. Or, face à cet enjeu financier considérable, nous ne pouvons pas continuer de produire sans filet de sécurité », explique Jocelyn Joncour, directeur des participations agricoles de la SCEA les Jardins Bio du Médoc.  
 

Rencontre en juin avec Alain Rousset, President de la région Nouvelle-Aquitaine 
 
« C’est aux pouvoirs publics de nous apporter une solution »
La SCEA n’est pas la seule entreprise concernée par ce phénomène. « L’enjeu est colossal, car si les sociétés d’assurance ne veulent plus assurer la production de myrtilles françaises, c’est toute la filière qui est menacée. Sans assurance, une ou deux années de gel supplémentaires et petits comme gros producteurs, nous mettons la clé sous la porte. Or, nous devons trouver des solutions pour continuer de produire. Et cela passe nécessairement par l’implication des pouvoirs publics. Aujourd’hui, l’enjeu est de savoir si l’Etat, au lieu de financer les calamités agricoles, est prêt à financer les investissements de couverture des agriculteurs pour se prémunir contre le gel et avoir un minimum de garanties. Nous devons donc nous retourner vers le ministre de l’Agriculture et le gouvernement. Les pouvoirs publics pourraient en effet financer des solutions de protection comme les macro-tunnels, qui nous permettraient de gagner 4 à 5 degrés lors des épisodes de gel et donc de limiter les pertes. Or, équiper les parcelles de ces installations représente un coût de 40 000 euros par hectare. Si nous n’arrivons pas à trouver une solution, il n’y aura plus de producteurs de myrtilles en France. Pourtant, la demande en myrtilles française continue d’augmenter de façon exponentielle. Nous solliciterons, début septembre, un rendez-vous avec Alain Rousset, Président de la région Nouvelle-Aquitaine, qui est la première région productrice de myrtilles en France, afin de préparer un rendez-vous avec le Ministre de l'Agriculture».
 
 
« La filière est menacée malgré l’augmentation exponentielle de la demande en myrtilles françaises »
En effet, cette année, la SCEA les Jardins Bio du Médoc a très bien vendu les 20 % de la récolte qu’il lui restait, étant même dans l’incapacité de satisfaire tous ses clients : « Malgré le temps frais et pluvieux que nous avons eu en juillet et qui a impacté la consommation de nombreux fruits cet été, la demande de myrtilles françaises est restée soutenue. Nous avons vendu 35 tonnes de myrtilles d’excellente qualité grâce à des conditions de récolte optimales, mais si nous en avions eu 200, nous les aurions également toutes vendues. L’attrait pour la myrtille française est certain, que ce soit pour le marché du frais comme pour celui de l’industrie. Cette année, face au manque de production, nous n’avons pas pu répondre aux besoins de nos clients de l’industrie, ce qui a été très problématique pour eux ». 
 
Pour plus d’informations : 
Jocelyn Joncour 
SCEA Les Jardins Bio du Médoc 
5900 Route de Blagon – 33680 Le Temple
Cell. : 06 24 23 40 16 

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