Pascal Bassols, COT International :

« La prune fait sa révolution sur le marché français »

Si la prune plaît beaucoup à nos parents et nos ainés, les jeunes français semblent aujourd’hui ne pas porter un intérêt particulièrement marqué pour ce fruit à noyau : « La prune européenne comme la mirabelle et la Reine-claude sont consommées par nos parents et grands-parents. Mais le fait est qu’avec cette mouvance que l’on a observée sur les variétés américano-japonaises, il n’y a pas eu beaucoup d’innovation variétale basée sur la qualité gustative sur la prune ces dernières années. Et ce que l’on trouve en variétés américano-japonaises de bons calibres en grande surface n’est pas souvent d’une grande qualité gustative. Par ailleurs, étant donné qu’il s’agit d’un fruit qui voyage plutôt bien et qui reste longtemps au frigo, il vient parfois de loin. A cela s’ajoute le fait que les variétés précoces viennent de l’étranger. Tous ces facteurs renforcent, à mon sens, le manque d’intéressement du consommateur français envers la prune », explique Pascal Bassols, de la société COT International.

Pourtant, sur de nombreux plans, la prune aurait clairement sa place sur le marché français. L’innovation variétale permettrait au fruit à noyau d’être remis au goût du jour et de pouvoir exprimer pleinement son potentiel.

Un besoin de retrouver des variétés gustatives
A l’image de l’abricot, les critères de sélection des variétés de prunes changent : « On ressent de la part des producteurs, un véritable besoin de rénovation variétale avec l’envie de se tourner vers des variétés gustatives. Le calibre est un peu moins regardé aujourd’hui. Avant, il fallait avoir un minimum de 50-55 mm en calibre, alors que maintenant une prune de 40-45 mm en début de saison peut se retrouver sur les étals sans aucun problème ».


Grenadine cov, reconnue pour ses qualités gustatives et agronomiques hors normes

Les variétés gustatives associées aux clubs
Aujourd’hui, il y aurait donc peu de variétés qui sortent du lot d’un point de vue gustatif. « Celles qui se démarquent le font parfois davantage sur des aspects agronomiques. Et celles qui le sont pour le goût se retrouvent majoritairement dans des clubs avec donc des obligations de plantation. Or, beaucoup de producteurs n’ont pas forcément l’envie de se lancer dans la prune pour faire des grands volumes. Ce qui les freine donc un peu. Et beaucoup pensent qu’à l’image de la pomme, les nouvelles variétés de prunes sont forcément en club ».

Des arboriculteurs qui cherchent à se diversifier
Un certain nombre de producteurs d’abricots aujourd’hui cherchent à se diversifier sans vouloir pour autant aller vers une espèce qu’ils ne connaissent pas. « On sent que les producteurs ont vraiment envie d’élargir leur référencement tout en restant dans les fruits à noyau. Voilà pourquoi la prune les intéresse beaucoup. Mais il faut savoir que la prune n’est pas un fruit que l’on peut cultiver partout. Les pruniers n’aiment pas trop le vent, c’est donc difficile (mais pas impossible) d’en planter dans le Roussillon par exemple ».  

Vers une professionnalisation du secteur
Au niveau mondial, il y a un intérêt certain pour la prune étant donné que l’on observe une professionnalisation de la culture : « La culture est de plus en plus mécanisée, des arbres plantés en haute densité, palissés en mur fruitier, avec un éclaircissage et une récolte mécanique. Les premiers tests à grande échelle du ramassage mécanique de la prune ont été fait ces dernières années dans plusieurs pays. Il y a une innovation forte dans le domaine de la prune et en France, on voit clairement un ré-engouement pour ce fruit de la part des producteurs. Et dans des pays comme l’Espagne où le marché est saturé, les producteurs sont demandeurs de prunes de qualité pour se démarquer ».

Divine cov, forte jutosité et aromes excellents !

La prune présenterait un atout certain pour la santé
La prune a donc un bon potentiel d’évolution, bien qu’elle ait besoin d’être remise au goût du jour pour la nouvelle génération : « La prune s’inscrit vraiment dans la mouvance du « Healthy food ». Elle fait partie des fruits à noyaux qui rassemblent le plus de fibres, de fer et magnésium, ainsi que de la vitamine C et des antioxydants. Une bonne stratégie marketing pourrait donner envie à la nouvelle génération d’en consommer ».

Des croisements interspécifiques
Bien que beaucoup d’obtenteurs fassent des croisements interspécifiques, COT International a fait le choix de ne pas aller dans cette voie : « C’est la nouvelle tendance, car ces croisements avec de l’abricot permettent d’obtenir des variétés un peu plus rustiques et tolérantes aux problèmes climatiques et aux ravageurs. Mais en ce qui nous concerne, nous avons décidé de rester sur de la prune à 100 % ».

Coquine, prune précoce à chair rouge très aromatique et sucrée

Une gamme de prunes qui s’étend chez COT International
COT International propose aujourd’hui quatre variétés de prunes qui couvrent la période de juillet à début septembre en production. « Nous cherchons actuellement à agrandir cette gamme avec des variétés à chair rouge afin d’avoir une large gamme de couleurs pour plaire au plus grand nombre. Tout en gardant à l’esprit que la clé en prune aujourd’hui, est d’avoir des variétés qui sont bonnes à manger même après avoir passé du temps en frigo ».

Pour plus d’informations :
Pascal Bassols
COT International
Mas de la Condamine, Chemin de l’abricot
30230 Bouillargues
Tél : +33-6-08-27-38-82
pascal@cot-international.eu 
www.cot-international.eu


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