« En moyenne sur l'ensemble des fruits et légumes la différence de marge entre le conventionnel et le bio est 75 % »

D'après l'UFC-Que choisir, les marges des fruits et légumes bio seraient beaucoup plus élevées que pour les produits de l'agriculture conventionnelle. 

Le bio : un marché qui a doublé en seulement cinq ans, avec 9 consommateurs sur 10 qui déclarent avoir mangé en 2020 des produits labellisés « Agriculture biologique ». Mais pour Olivier Andrault, chargé de mission « Agriculture et alimentation » pour l'UFC-Que choisir,« On se rend compte que la grande distribution, qui se gavait déjà beaucoup sur les fruits et légumes, se gave encore plus sur le bio ». 

Des marges brutes en moyenne 75 % plus élevées sur les fruits et légumes bio
La grande distribution appliquerait en effet des marges brutes en moyenne 75 % plus élevées dans le bio que dans le conventionnel. C'est la conclusion d'une enquête portant sur 24 fruits et légumes de consommation courante, menée en 2019 par Olivier Andrault pour l'UFC-Que choisir.

L'étude se base sur les chiffres du Réseau des nouvelles de marché, qui dépend du ministère de l'Agriculture. Ce service publie chaque mois les prix d'achat et les prix de vente pratiqués au niveau national par la grande distribution. En comparant le prix auquel elle achète un kilo de fruits au producteur et celui auquel elle le vend en supermarché, on obtient la marge réalisée – et elle est parfois surprenante.

Pommes bio : + 150 % de marge brute
Voici la démonstration qu'en fait Olivier Andrault avec l'un des trois fruits les plus consommés par les Français, la pomme. Pour une pomme cultivée en agriculture conventionnelle, vendue en supermarché à 2,04 euros le kilo, son prix se décompose comme suit : 1,06 euro pour l'agriculteur, 87 centimes pour la grande distribution, sans oublier 11 centimes de TVA. La même pomme, cultivée en bio : elle est proposée au consommateur à 4,19 euros le kilo, soit plus du double. La grande distribution l'achète au producteur au prix de 1,80 euro le kilo – « pour une raison tout à fait acceptable : ça coûte plus cher de produire des pommes bio », précise le chercheur. Mais la marge du distributeur fait alors un bond de 150 %.  

Tomates bio : + 110 %
Pour la pomme de terre, cet écart est de 83 %. Pour la tomate, il est de presque 110 %. 

Pour les consommateurs, et surtout pour ceux qui ne sont pas encore passés au bio, « c'est la double peine, et c'est inadmissible », conclut Olivier Andrault. « Le premier frein à l'achat du bio, rappelle-t-il, c'est le prix. Et donc cette politique de marge de la grande distribution empêche les consommateurs qui n'ont pas les moyens budgétairement d'aller vers le bio. »

 

Source : francetvinfo.fr


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