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Marché mondial : l'orange

Les marchés mondiaux de l'orange entrent dans le cœur de la saison de l'hémisphère nord, avec des évolutions de l'offre contrastées selon les origines, façonnées par les conditions météorologiques, le calendrier des récoltes et les dynamiques de la demande régionale. En Europe, dans les Amériques et dans les pays producteurs de l'hémisphère sud, la disponibilité, les calibres et les tendances de prix demeurent étroitement liées aux contraintes logistiques, à la consommation saisonnière et aux flux d'exportation.

En Italie, la campagne sicilienne d'agrumes atteint son point culminant avec les oranges sanguines, qui affichent une qualité satisfaisante et des calibres globalement plus importants, malgré des volumes légèrement en retrait. Les prix à la production subissent toutefois la pression des promotions précoces mises en place par la distribution. Après une période de Noël jugée stable, la consommation devrait s'intensifier à partir de janvier. L'Espagne traverse une saison des oranges plus lente que d'habitude, marquée par une récolte réduite, des prix à la production élevés et une consommation modérée. Le marché est actuellement en phase de transition, passant de la Navelina aux variétés Navel et Lane Late précoces, dans un contexte de concurrence accrue des fruits importés. En France, une demande hivernale soutenue se heurte à une offre limitée, principalement en provenance d'Espagne, complétée par des volumes plus modestes en provenance d'Égypte et d'Italie. Il en résulte un marché tendu et déséquilibré, avec un nombre restreint d'opérateurs réellement actifs sur le segment des agrumes.

Aux Pays-Bas, le début de saison est marqué par une pénurie liée aux retards de la récolte égyptienne, la coloration et la qualité interne des fruits n'ayant pas encore atteint les standards requis pour l'exportation. Un Ramadan précoce devrait par ailleurs restreindre davantage les disponibilités au cours du premier trimestre. En Amérique du Nord, l'offre d'oranges demeure stable en Californie, en Floride et au Texas, soutenue par une bonne coloration des fruits et une demande régulière. Les niveaux de prix varient selon les régions et les calibres, tandis que les volumes importés du Maroc et de l'Espagne sont en grande partie absorbés par les marchés européens et canadien.

© Viola van den Hoven-Katsman | FreshPlaza.fr

En Égypte, la campagne a débuté plus tard que d'ordinaire, à la mi-décembre, avec les oranges Navel, afin d'améliorer l'homogénéité des fruits et de limiter la pression concurrentielle sur les prix en début de saison. La demande reste soutenue en Europe, dans les pays du Golfe, en Russie, en Asie et de plus en plus en Amérique latine, les exportateurs anticipant une répartition plus équilibrée des débouchés malgré des risques logistiques toujours présents. Au Maroc, les perspectives se sont nettement améliorées à la suite d'importantes précipitations, qui ont favorisé une hausse des rendements et une amélioration des calibres après une longue période de sécheresse. Les exportateurs identifient de nouvelles opportunités à mesure que la pression sur les marchés européens s'atténue, même si les volumes expédiés demeurent pour l'instant modérés.

Le Brésil continue d'influencer fortement le marché mondial du jus d'orange, avec une production en recul sous l'effet des maladies et de la chute des fruits liée aux conditions climatiques. L'affaiblissement de la demande internationale en jus pèse sur les prix, incitant l'ensemble du secteur à une certaine prudence. En Uruguay, une reprise des volumes d'oranges est attendue grâce aux variétés tardives, l'Europe et le Brésil constituant les principaux débouchés. Les contraintes logistiques persistent, tandis que la transformation absorbe une part croissante des fruits non destinés au marché du frais.

L'Argentine maintient une production relativement stable en privilégiant la transformation en jus et en huiles essentielles, ce qui permet de limiter l'exposition aux risques logistiques tout en soutenant les rendements globaux. Les exportations de fruits frais continuent de cibler en priorité les marchés européens et britannique, axés sur des critères de qualité élevés. Le Pérou clôt le panorama avec une production d'agrumes stable et un potentiel d'exportation encore largement inexploité pour les oranges Valencia. Si la majeure partie de la production reste destinée au marché intérieur, le développement des exportations dépendra de progrès continus en matière de qualité et de productivité.

Italie : la campagne sicilienne d'agrumes culmine avec les oranges sanguines
La campagne 2025-26 des agrumes siciliens, entamée en novembre avec des variétés telles que les oranges Navel, a atteint son point culminant à la mi-décembre avec le lancement de la saison des oranges sanguines, notamment les variétés Ippolito, Tarocco Rosso et Moro. « Les volumes sont légèrement inférieurs à ceux de l'an dernier, mais les fruits présentent des calibres moyens plus importants et une qualité globale excellente », indique le directeur commercial d'une organisation de producteurs siciliens.

Le président d'un important consortium sicilien confirme également la très bonne qualité des oranges sanguines récoltées à partir de la mi-décembre. Toutefois, les conditions de marché se sont révélées jusqu'à présent moins favorables qu'escompté. Parmi les facteurs défavorables, figure le lancement anticipé de campagnes promotionnelles par certains distributeurs discount, avec de fortes baisses de prix qui ont exercé une pression directe sur les prix à la production. Selon les acteurs du secteur, l'attention ne doit pas se limiter aux volumes produits, mais également porter sur l'obtention de prix équitables et économiquement viables pour les producteurs.

« Le mois de novembre a été compliqué en raison de températures douces et de la présence persistante d'agrumes sud-africains dans les rayons de la distribution », explique le directeur commercial. « En revanche, le marché de l'orange s'est normalisé en décembre avec le démarrage de la campagne Tarocco. » Pendant la période de Noël, le marché des agrumes est resté stable. Malgré le regain habituel de la demande durant la semaine des fêtes, les volumes écoulés se sont situés dans la moyenne saisonnière. « Janvier marque traditionnellement le début d'une phase de consommation plus soutenue. Nous abordons donc les prochains mois avec optimisme. »

Espagne : une offre limitée face à une consommation atone
Le marché espagnol de l'orange peine encore à réellement décoller. Les prix à la production sont supérieurs à ceux observés à la même période l'an dernier, en raison d'une récolte plus faible et de coûts de production en hausse, tandis que l'activité commerciale demeure inférieure aux attentes. En Andalousie, la production est estimée en baisse d'environ 25 % par rapport à la saison précédente.

La campagne de la Navelina a démarré tardivement, en raison d'un retard de coloration des fruits : les températures hivernales basses sont arrivées plus tard que d'ordinaire, auxquelles s'est ajoutée la présence persistante de stocks sud-africains. La consommation est restée faible jusqu'à présent, ce qui a limité la capacité du marché à absorber l'offre, malgré une disponibilité globale réduite cette saison. En conséquence, les oranges Navelina sont restées plus longtemps sur le marché que les années précédentes.

Le secteur est actuellement en phase de transition entre la Navelina et les variétés Navel, ainsi que, dans certaines zones précoces, les premiers volumes de Lane Late, avec des prix à la production toujours élevés. Les variétés de niche, telles que la Chocolate Navelina (reconnaissable à sa peau vert-brun et à sa chair orange) bénéficient d'une demande soutenue, et leur production continue d'augmenter d'année en année.

Les opérateurs s'attendent à une amélioration de la consommation d'agrumes avec l'arrivée de températures plus froides et une éventuelle recrudescence des infections respiratoires, compte tenu de la teneur élevée en vitamine C des agrumes. Les récentes précipitations ont légèrement affecté les fruits de Navelina encore sur les arbres, mais elles ont également contribué positivement au calibrage des variétés de mi-saison et de fin de saison.

Au-delà de la faiblesse persistante de la consommation, qui demeure une préoccupation majeure pour les producteurs, le secteur s'inquiète également de l'afflux croissant d'agrumes en provenance de pays tiers. Entre janvier et octobre 2024, l'Espagne a importé 65 403 tonnes d'oranges et de mandarines d'Afrique du Sud, soit près de 42 % de plus que sur la même période en 2014. À ce stade de la saison, les exportateurs espagnols devront également faire face à la concurrence croissante des oranges égyptiennes.

France : une offre limitée face à une demande accrue hivernale
Le marché français de l'orange traverse actuellement une période tendue, principalement en raison d'une disponibilité limitée face à une demande hivernale soutenue. L'offre provient majoritairement d'Espagne, complétée par des volumes égyptiens inférieurs à ceux de l'an dernier et par des arrivages restreints en provenance d'Italie. Dans l'ensemble, les volumes restent réduits. Seul un nombre limité d'opérateurs est actif sur le marché, assurant l'approvisionnement de leurs clients en agrumes. Cette situation maintient un déséquilibre marqué, l'offre demeurant inférieure à une demande renforcée par les conditions hivernales.

Pays-Bas : le retard de la campagne égyptienne resserre l'offre en début de saison
Selon un importateur néerlandais, la récolte d'oranges en Égypte accuse un retard significatif. La coloration des fruits progresse lentement et les niveaux de Brix et d'acidité n'ont pas encore atteint les seuils requis. Un démarrage tardif de la saison est donc attendu. Par ailleurs, le Ramadan débutant plus tôt cette année, les disponibilités sur le marché au cours du premier trimestre devraient rester limitées.

Amérique du Nord : une offre d'oranges stable dans les principales régions
L'offre d'oranges en provenance de Californie demeure satisfaisante à l'approche du milieu de la saison. Les navels de Washington, les navels de printemps, les oranges sanguines ainsi que les variétés Cara Cara arrivent actuellement sur le marché.

Après plus d'un mois marqué par la persistance d'une couche d'inversion au-dessus du centre de la Californie, qui a freiné la baisse des températures nocturnes habituellement propices à la coloration, les fruits présentent désormais une coloration conforme aux attentes. Les oranges californiennes se caractérisent globalement par de gros calibres, tandis que la disponibilité des calibres 88 et inférieurs reste plus limitée. La récolte est majoritairement classée Fancy, avec une part plus réduite de fruits Choice. Cette proportion de Choice tend toutefois à augmenter, les thrips ayant eu un certain impact sur la récolte, bien que la situation soit nettement moins préoccupante qu'il y a quatre ans, lorsque ces ravageurs avaient causé des dommages bien plus importants aux agrumes californiens. En Floride, l'approvisionnement est également satisfaisant, avec un conditionnement en cours de variétés telles que les oranges Pineapple. La production de Valencia devrait débuter à la mi-février. Le marché du frais bénéficie en priorité de l'offre, grâce à une bonne coloration et à des niveaux de Brix élevés observés cette saison chez certains producteurs-expéditeurs.

L'offre nationale est complétée par des volumes en provenance du Texas. Parallèlement, le Maroc et l'Espagne disposent également d'oranges, mais ces volumes sont principalement destinés aux marchés européens et au Canada. La demande d'oranges aux États-Unis reste stable et les prix se maintiennent. En Floride, les prix sur le marché du frais sont supérieurs à ceux destinés à la transformation, tandis qu'en Californie, les prix sont plus fermes pour les fruits de plus petit calibre.

Égypte : démarrage tardif, demande stable et rééquilibrage des flux d'exportation
La saison des oranges égyptiennes a débuté le 15 décembre avec la variété Navel, soit environ deux semaines plus tard que la saison précédente. Ce démarrage tardif a suscité des réactions contrastées parmi les exportateurs. Si une partie de la fenêtre d'exportation précédant Noël a été manquée, ce choix visait avant tout à garantir une coloration plus homogène des fruits chez les producteurs et à limiter la pression concurrentielle sur les prix généralement observée en début de campagne.

Les premières estimations recueillies auprès d'un large groupe de producteurs indiquent que la production globale pourrait être inférieure à celle de la saison passée. En revanche, une meilleure disponibilité des gros calibres est attendue, un élément jugé favorable par les exportateurs pour le positionnement sur les marchés. Les volumes d'exportation devraient également être mieux répartis entre les différentes destinations. Avec une situation en mer Rouge qui tend à se stabiliser, les exportateurs anticipent un retour progressif vers les marchés asiatiques. L'amélioration du calibrage soutient par ailleurs les expéditions vers des marchés friands de gros fruits, comme la Russie. Les exportations vers les destinations émergentes d'Amérique du Sud ont progressé sur deux saisons consécutives, contribuant à réduire la pression sur le marché européen et à soutenir la formation des prix, selon les opérateurs.

La demande demeure forte et stable en Europe, dans la région du Golfe, en Russie, dans les pays de la CEI et sur les marchés asiatiques. L'intérêt de l'Amérique latine, en particulier du Brésil, s'est également renforcé, porté par des prix compétitifs et une offre régulière.

Les producteurs estiment par ailleurs qu'il est peu probable que l'industrie de transformation limite la disponibilité des oranges destinées au marché du frais dans les mêmes proportions que la saison dernière. Ils anticipent un marché mondial des concentrés plus équilibré, à la suite de la reprise de la production au Brésil, réduisant ainsi le risque d'une flambée des prix comparable à celle observée précédemment.

Plusieurs facteurs de risque subsistent néanmoins. Malgré les signaux d'accalmie en mer Rouge, la situation reste jugée fragile, avec la possibilité de nouvelles perturbations affectant des routes maritimes clés telles que le canal de Suez ou le détroit de Bab Al Mandab. Une meilleure visibilité sur la demande de transformation n'est attendue qu'à la fin mars ou au début avril. Enfin, la concurrence internationale devra être surveillée de près, les conditions météorologiques s'étant améliorées cette année dans d'autres pays producteurs.

La saison s'est ouverte sur une forte demande d'oranges Navel de la part des marchés traditionnels, notamment les pays du Golfe, la Russie et le Bangladesh. Selon un exportateur, les prix de lancement étaient supérieurs à ceux de la saison précédente.

Maroc : les précipitations améliorent les perspectives pour les oranges marocaines
Les fortes pluies enregistrées récemment au Maroc, après une longue période de sécheresse, ont ravivé l'optimisme des producteurs. La campagne des oranges a débuté en décembre 2025 avec les variétés Navel et devrait se poursuivre jusqu'en septembre avec les Maroc Late, tandis que les oranges Valencia devraient arriver sur le marché à partir d'avril. Les producteurs anticipent une amélioration des rendements, pouvant atteindre jusqu'à 30 tonnes par hectare, un meilleur calibrage, des niveaux de Brix plus élevés ainsi qu'une baisse des coûts de production.

Les exportateurs suivent attentivement l'évolution de la situation en Égypte. L'allègement de la pression sur le marché européen ouvre des perspectives pour les exportations d'oranges marocaines qui, ces dernières saisons, avaient été freinées par des conditions climatiques sèches et une concurrence égyptienne intense, pesant sur les prix internationaux. Les producteurs comptent également sur la solidité de la demande sur le marché intérieur, où les niveaux de prix sont jugés satisfaisants.

La campagne Navel a démarré avec des volumes supérieurs à ceux de l'an dernier, illustrant l'impact rapide du retour des précipitations, malgré des superficies plantées inchangées. À ce stade, l'activité à l'export demeure limitée, les expéditions étant principalement orientées vers le Royaume-Uni et l'Amérique du Nord.

Brésil : production de jus d'orange et pression sur les prix
Le Brésil continue de jouer un rôle déterminant dans la formation des prix sur le marché mondial du jus d'orange. La campagne 2025-2026 est marquée par un niveau élevé de chute prématurée des fruits, sous l'effet conjugué de la pression des maladies et de conditions climatiques défavorables, ramenant la production estimée à environ 295 à 300 millions de boîtes. Parallèlement, le recul de la demande internationale de jus d'orange, notamment en Europe, exerce une pression sur les prix et entraîne une accumulation des stocks. Si la qualité des fruits demeure globalement satisfaisante, le secteur fait preuve de prudence et toute reprise de la consommation devrait s'opérer de manière progressive.

Uruguay : les volumes d'oranges se redressent, mais la logistique reste contraignante
Le secteur agrumicole uruguayen anticipe un redressement des volumes d'oranges après une campagne précédente limitée. La production est principalement concentrée dans les régions de Salto et de Paysandú, avec une prédominance de variétés tardives telles que Valencia Midknight et Valencia Late. L'Europe et le Brésil demeurent les principaux débouchés à l'export, même si la logistique continue de constituer un enjeu majeur. La qualité des fruits reste un facteur clé de différenciation pour l'Uruguay, tandis que l'activité industrielle, notamment dans les jus et les huiles essentielles, permet de valoriser les fruits ne répondant pas aux exigences du marché du frais.

Argentine : l'orientation industrielle soutient la stabilité de la production
L'Argentine a renforcé son positionnement industriel en privilégiant les jus concentrés et les huiles essentielles, ce qui a permis de limiter l'exposition aux contraintes logistiques et d'améliorer les performances économiques. Les niveaux de production demeurent stables, le marché intérieur absorbant une part significative des oranges fraîches. L'Europe et les États-Unis constituent les principales destinations des exportations de jus, tandis que l'Asie gagne progressivement en importance. Sur le segment du frais, l'Argentine se distingue davantage par la qualité que par les volumes, avec l'Europe et le Royaume-Uni comme marchés clés. Les défis logistiques et la pression sur les coûts restent toutefois des préoccupations récurrentes pour les exportateurs.

Pérou : les oranges Valencia offrent un potentiel de croissance à l'exportation
Le Pérou produit environ 1,7 million de tonnes d'agrumes par an, dont seule une fraction est actuellement exportée. Les oranges Valencia présentent en particulier un potentiel de développement important, la majorité de la production étant encore destinée au marché intérieur. Les exportations actuelles se concentrent principalement sur les États-Unis, le Canada et certains marchés européens.

Le secteur met de plus en plus l'accent sur l'amélioration de la qualité et de la productivité plutôt que sur l'extension des superficies plantées. Les avancées technologiques et une meilleure gestion variétale sont considérées comme des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité. À mesure que l'orientation export se développe, les oranges Valencia pourraient jouer un rôle plus significatif dans le commerce mondial des agrumes.

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