Les tracteurs de la FNSEA ont quitté Paris hier matin. Près de 350 tracteurs de la FNSEA et des JA avaient convergé dès mardi devant l'Assemblée nationale pour réclamer des mesures concrètes. Face à la colère agricole, le gouvernement a tenté d'apaiser la situation en annonçant, en début d'après-midi, un « deuxième train de mesures », après les 300 millions d'euros dévoilée la semaine précédente. Parmi les mesures annoncées par le Premier Ministre : fiscalité, eau, nitrates mais également une loi d'urgence agricole pour le mois de mars. La mobilisation se poursuit avec des blocages toujours en cours dans plusieurs villes du territoire.
Comme je l'avais écrit dans ma lettre aux agriculteurs, la souveraineté agricole ne peut pas n'être qu'un slogan. C'est une responsabilité nationale. Et elle appelle des décisions et des actes.
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 13, 2026
Les mobilisations d'aujourd'hui expriment une demande de bon sens : trop de règles…
Une loi d'urgence agricole qui sera présenté en mars prochain
Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé à la Ministre de l'Agriculture de préparer pour le salon de l'agriculture une loi d'urgence agricole autour de plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de production. Le texte sera présenté en mars 2026. « et sera ensuite examiné par le Parlement avant l'été. Il devra associer en amont toutes les forces politiques parlementaires ».
Les mesures annoncées « ne pourront être efficaces qu'à condition qu'elles se traduisent rapidement sur le terrain », insiste l'AGPM
L'Association des Producteurs de Maïs en France (AGPM) reconnait que « Ces orientations rejoignent les demandes de la profession en matière de lisibilité, de pragmatisme et de mobilisation effective des outils d'irrigation ». Mais pour son président, Franck Laborde « l'ambition doit être maintenue sur le long terme. Notre agriculture a besoin d'une politique de l'eau stable, fondée sur la science, permettant la constitution de réserves, la modernisation des infrastructures et l'abandon de contraintes exagérées et inutiles pour les zones de captage qui menaceraient sérieusement nos capacités productives. La simplification annoncée des procédures, tout comme la volonté affichée d'éviter une complexité réglementaire contre‑productive, ne pourront être efficaces qu'à condition qu'elles se traduisent rapidement sur le terrain, dans les exploitations et dans les comités locaux de gestion de l'eau ». L'AGPM dit rester pleinement mobilisée dans les semaines à venir.
« Si on continue, ces pommes de terre françaises, demain on ne pourra plus les produire »
L'Union Nationale des Producteurs de Pommes de Terre a mené une action symbolique mardi dans la capitale. Près de 30 tonnes de pommes de terre ont été déversées devant l'Assemblée Nationale. Au micro de BFM TV, hier, Geoffroy d'Evry, président de l'UNPT a déclaré « Le vrai sujet c'est qu'on puisse continuer à produire en France et qu'on nous foute la paix sur des histoires de règlementation. Nous ce qu'on demande simplement c'est de pouvoir travailler et vivre de notre métier. On est dans des situations extrêmes et catastrophiques, on ne dégage plus de revenus de notre métier. [...] Demain si on continue, ces pommes de terre françaises, demain ne pourra plus les produire ».
Distribution de pommes de terre à tous ceux qui le souhaitent sur le pont de la Concorde en arrivant par la place
— UNPT 🥔 (@UNPT_FRANCE) January 13, 2026
Une action symbolique pour remercier les citoyens qui nous soutiennent et dénoncer les normes de production toujours plus exigeantes qui grèvent la compétitivité des… pic.twitter.com/448eggz7dk
« Nous ne comptons pas en rester là », prévient la Confédération Paysanne
La Confédération paysanne ne se satisfait pas de ces nouvelles annonces. Pour le syndicat, le Premier Ministre « ne fait que répondre à la liste de Noël de la FNSEA » et pointe du doigt l'absence « encore une fois, de réponses concrètes ». Elle prévient qu'elle ne « compte pas en rester là. Nous irons arracher des mesures pour les paysan.nes et les éleveur.euses ».