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Luc Vanoirbeek, de VBT (Belgique) :

« L'impact de nouvelles taxes à l'importation serait négligeable dans les chiffres mais très néfaste pour les relations commerciales »

Le président américain Donald Trump menace à nouveau d'imposer des droits d'importation à huit pays européens, dont les Pays-Bas, qui se sont ralliés au Groenland en envoyant notamment des troupes dans la région autonome couverte par le Danemark. La taxe supplémentaire de 10 % est censée entrer en vigueur le 1er février, puis passer à 25 % d'ici juin, mais il reste à voir si elle sera appliquée.

Quoi qu'il en soit, la Belgique ne fait pas partie des pays sur lesquels Trump veut introduire des droits de douane supplémentaires, ce qui pourrait bientôt créer la situation extraordinaire de devoir payer des droits de douane nettement plus élevés sur les produits néerlandais que sur les produits belges. Cela pourrait-il profiter aux exportateurs belges, qui se concentrent sur les exportations vers les États-Unis ? « Je ne vois certainement pas les choses de cette manière », affirme Luc Vanoirbeek, secrétaire général de la VBT. « Au contraire, je pense que cela devrait être une motivation pour s'unir davantage en tant qu'Europe. »

© Ifeelstock | Dreamstime

« Peut-être que financièrement, cela bénéficiera à certains exportateurs belges, mais ce sera très minime. De plus, en tant que pays, nous exportons relativement peu vers les États-Unis. En fin de compte, j'y vois plutôt une atteinte à la stabilité des relations commerciales et une incertitude structurelle dont tout le monde va souffrir, la Belgique, les Pays-Bas et les États-Unis eux-mêmes. »

Exportations de fruits et légumes frais limitées et en baisse
« À cet égard, j'aimerais clarifier deux choses. D'une part, le marché américain n'a qu'une importance limitée pour nous. La Belgique a exporté environ 408 tonnes de fruits et légumes vers les États-Unis en 2025, ce qui équivaut à un chiffre d'affaires de près de 660 000 €. Ce chiffre n'est pas encore définitif, car les deux derniers mois n'ont pas encore été pris en compte, mais il donne une bonne idée de l'ordre de grandeur. À titre de comparaison, en 2023, il s'agissait encore de 670 tonnes pour une valeur de plus de 1,5 million d'€. Il s'agit donc d'un net recul, qui se poursuit de manière structurelle depuis une dizaine d'années. »

Une plongée plus profonde dans le passé rend cette image encore plus nette. Entre 2015 et 2019, la Belgique a exporté en moyenne 1 800 tonnes par an vers les États-Unis, pour une valeur de quelque 3 millions d'€. Aujourd'hui, il n'en reste qu'un quart. « Cela montre que, dans la pratique, ce débouché est devenu assez faible pour nous. Pour certaines entreprises, ces exportations peuvent encore jouer un rôle, par exemple lorsqu'il s'agit de produits ou d'installations spécifiques à longue durée de vie. En termes de valeur, il ne s'agit pas non plus d'un montant négligeable, mais dans l'ensemble, cela reste relativement limité. Les États-Unis, en tout cas pour le secteur des produits frais, ne sont plus un marché clé pour nous en termes d'exportations. »

Qu'en est-il des importations ? La Commission européenne s'est engagée à dialoguer et à désamorcer le conflit avec les États-Unis au sujet du Groenland et des droits de douane américains. Dans le même temps, l'UE a préparé des contre-mesures au cas où les États-Unis iraient de l'avant avec les droits de douane, allant d'une riposte en matière de droits de douane à un instrument anti-coercition lourd, bien qu'il n'y ait pas encore de consensus à ce sujet au sein de l'UE. Les contre-mesures de l'UE, si elles sont mises en œuvre, seront-elles toujours considérées comme inquiétantes ? « Elles auront inévitablement des répercussions, non seulement directes, mais aussi indirectes. Mais si nous regardons ce que nous importons nous-mêmes dans cette direction, c'est en fait tout à fait négligeable. Le véritable risque ne réside donc pas tant dans les flux commerciaux en tant que tels, mais dans l'impact plus large sur les relations commerciales et le climat économique général. »

Inquiétudes quant à l'incertitude géopolitique
« Ce qui me préoccupe le plus, c'est l'évolution générale de la situation. Le retour constant à la loi de la jungle est une évolution particulièrement néfaste pour l'économie mondiale. Ce type de raisonnement nuit à la stabilité des relations commerciales et crée une incertitude structurelle. »

« J'espère donc une réponse forte et réfléchie. Se contenter de faire des concessions ou essayer de tout résoudre par des compensations financières a déjà montré par le passé qu'il ne s'agissait pas d'une solution durable. En même temps, il faut être conscient qu'une contre-réaction sévère peut se transformer en une confrontation dont l'issue est difficile à prévoir. C'est précisément pour cette raison qu'une certaine prudence s'impose. »

Fini, le « grand ami »
Vanoirbeek estime toutefois que la solidarité au sein de l'Europe ne fait que se renforcer avec cette évolution. « Le besoin se fait sentir de se serrer les coudes et présenter un front uni. C'est un changement évident par rapport au passé. L'époque où on évoquait les Etats-Unis comme un grand ami est révolue. Il est clair que cette relation a changé et que des tensions continueront d'exister à l'avenir, ce qui pourrait avoir des conséquences directes sur les transactions. »

Les chiffres soulignent cette évolution. Les tonnages totaux importés des États-Unis sont passés de 13 000 à seulement 815 tonnes au cours des dix dernières années. Il ne s'agit plus de volumes importants. On observe également une chute brutale vers 2020, de 10 600 à environ 2 500 tonnes. « Cela indique qu'il y a eu un mouvement conscient pendant un certain temps pour être moins dépendant de ce marché et se concentrer ailleurs. De nombreux acteurs s'en rendent compte aujourd'hui et cette dynamique semble se poursuivre. »

Pour plus d'informations :
Luc Vanoirbeek
Verbond van Belgische Tuinbouwcoöperaties (VBT)
[email protected]
www.vbt.eu

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