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La FNAB demande le retrait du prosulfocarbe

Après des analyses (à l'initiative du Groupement des Agriculteurs Bio du Loir-et-Cher) révélant la contamination de jardins potagers de particuliers par le prosulfocarbe, la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique et Générations Futures demandent le retrait de l'herbicide.
« Deux tiers des échantillons de fruits et légumes testés sont contaminés, avec des taux dépassant les limites maximales en résidus (LMR) autorisées pour la commercialisation dans 40 % des échantillons testés. Pour la FNAB et Générations Futures », indique la fédération dans un communiqué.

« La volatilité de l'herbicide affecte également les zones périurbaines »
« Le GABLEC a coordonné une campagne de prélèvements de fruits et légumes sur 15 sites. La répartition des résultats montre que, si le milieu rural est le plus touché, la volatilité extrême de cet herbicide — désormais le plus utilisé en France derrière le glyphosate — affecte également les zones périurbaines ».

La FNAB note également que selon plusieurs études, le prosulfocarbe serait capable de parcourir plusieurs kilomètres dans les airs et ainsi contaminer des cultures et des jardins très éloignés des zones de traitement. « Un pesticide à la diffusion environnementale aussi incontrôlable n'a plus sa place sur le marché français », affirme François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. Il ajoute que « le dernier avis de l'EFSA datant de 2007 contient des défaillances très préoccupantes notamment dans l'évaluation des propriétés cancérigène de la substance ».

Cinq ans d'alertes ignorées et de préjudices économiques
« Depuis 2021, nos organisations n'ont cessé d'interpeller les pouvoirs publics sur les risques liés à cette molécule : En 2021 : Saisine de douze préfectures pour demander des interdictions locales en urgence et alerte sur les 100 000 euros de pertes subies par les producteurs de sarrasin. En 2022 : Action juridique devant le tribunal administratif pour suspendre les autorisations de mise sur le marché (AMM). En 2023 : Dénonciation de l'insuffisance des mesures de réduction de dérive imposées par l'Anses. Malgré ces démarches, les agriculteurs bio continuent de subir des pertes régulières. Le préjudice pour la seule filière du sarrasin bio s'élève probablement à plusieurs millions d'euros ces dix dernières années, avec un coût moyen par contamination estimé à 10 000 euros ».

Le co-président de la FNAB, Olivier Chaloche, affirme qu'il est « profondément injuste que les agriculteurs bio paient le prix de pollutions dont ils ne sont pas responsables. L'État ne peut plus rester spectateur : il doit agir pour protéger nos fermes et les riverains. ».

Des règles d'utilisation 'inefficaces'
« Les règles d'utilisation du prosulfocarbe, incluant des distances de sécurité de 10 à 20 mètres vis-à-vis des riverains, sont manifestement inefficaces face à une substance retrouvée dans l'air à des concentrations aussi fréquentes. C'est pourquoi nos organisations ont signalé officiellement ces dépassements importants des Limites maximales en résidus mises en évidence par leurs analyses au service de l'ANSES chargé de la phytopharmacovigilance le 21/01/26. Une saisine de l'ANSES sera effectuée dans les prochains jours pour demander que ces résultats soient expertisés et pris en compte au niveau réglementaire. »

La FNAB et Générations Futures demandent :
- Le retrait des autorisations de mise sur le marché pour tous les produits à base de prosulfocarbe.
- La mise en place d'une zone de sécurité minimale d'un kilomètre autour des habitations et des jardins potagers tant que la molécule reste autorisée.
- La création d'un fonds national d'indemnisation pour les agriculteurs et les particuliers victimes de ces contaminations.
- Que la consommation d'aliments auto-produits soit une voie d'exposition prise en compte lors de l'évaluation du risque pour les riverains pour les pesticides (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui), et que par conséquent, le guide méthodologique de l'EFSA soit révisé.

Pour plus d'informations :
www.fnab.org

Photo de la première page: © FNAB

Date de publication:

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