Des drones conçus au Canada et inspirés du faucon pèlerin sont actuellement déployés dans des vergers australiens de fruits et d'amandes afin de limiter la pression aviaire. Ces appareils, disponibles en version à ailes fixes ou à ailes battantes, reposent sur une technologie de biomimétisme qui reproduit l'apparence et le comportement d'oiseaux prédateurs. Ils ciblent notamment des espèces telles que les corellas et les cacatoès, responsables d'importantes pertes de récolte.
L'État de Victoria a enregistré de faibles précipitations au cours de l'année écoulée, ce qui a entraîné une intensification de l'activité des oiseaux dans les zones horticoles irriguées. Dans ce contexte, les pommes, les poires et les fruits à noyau constituent des sources alternatives d'alimentation particulièrement attractives.
© AERIUM Analytics
Jordan Cicoria, président d'AERIUM Analytics, explique que les essais menés dans les États de Victoria et d'Australie-Méridionale visent principalement à collecter des données dans des conditions climatiques locales. « Ces essais n'avaient pas pour objectif de démontrer que la technologie fonctionne — nous le savons déjà. Nous cherchons à mesurer l'efficacité du robot face aux différentes espèces d'oiseaux responsables de pertes significatives dans les vergers australiens », précise Jordan Cicoria.
Initialement développés pour les secteurs minier et aéronautique, ces drones sont utilisés depuis une dizaine d'années. « Dans les aéroports, par exemple, ils ont permis de réduire considérablement les collisions avec les oiseaux et d'empêcher ces derniers d'atterrir dans des zones à risque. La question était désormais de savoir comment cette technologie pouvait être transposée à l'agriculture, et adaptée à des cultures et systèmes de production spécifiques », indique Jordan Cicoria.
Dans la région de Goulburn Valley, le producteur d'Ardmona Mitch McNab, également président de Victorian Fruit Growers, teste actuellement le dispositif à l'approche de la récolte. « À ce stade, les résultats sont plutôt encourageants », affirme Mitch McNab.
Il constate par ailleurs une pression aviaire accrue cette année. « La saison a été plus sèche et les oiseaux recherchent clairement des sources alternatives d'alimentation. Dans ces conditions, les cultures horticoles irriguées comme les pommes, les poires et les fruits à noyau deviennent particulièrement attractives », explique Mitch McNab.
La question des coûts reste toutefois au centre de l'évaluation. Mitch McNab indique qu'un modèle coopératif est à l'étude afin d'optimiser l'utilisation de la technologie entre producteurs. « Le coût d'investissement pour l'achat d'un drone et son exploitation n'est pas toujours justifiable pour un producteur individuel, notamment lors des années où la pression est plus faible », souligne Mitch McNab. « Une approche partagée ou coopérative permettrait d'améliorer le taux d'utilisation de l'équipement. C'est une option que Fruit Growers Victoria et les producteurs de Goulburn Valley examineraient sérieusement. »
Source : ABC News