Hier au Salon de l'Agriculture l'Agence Bio a dévoilé, en conférence de presse, les résultats de la 23ème édition de son baromètre annuel de la consommation réalisé avec l'ObSoCo. Après plusieurs années de stagnation, la consommation repart à la hausse grâce à un contexte économique plus favorable et par le retour des préoccupations de santé et d'environnement. Certains freins persistent toutefois.
Une reprise de la consommation, dans toutes les catégories de la population
En 2025, 59 % des Français déclarent consommer des produits biologiques au moins une fois par mois, soit 5 points de plus qu'en 2024. La consommation hebdomadaire progresse également, passant de 30 % à 35 %. Cette hausse concerne toutes les catégories de population, quels que soient l'âge, le niveau de vie ou le profil socioculturel, traduisant un décloisonnement de la consommation de produits bio. Cette reprise s'explique d'abord par un desserrement progressif de la contrainte financière ressentie par les ménages : 36 % des Français déclarent aujourd'hui devoir restreindre leurs dépenses alimentaires pour des raisons économiques, soit une baisse de 3 points en un an. Moins contraints dans leurs arbitrages, ils réintègrent davantage de produits bio dans leur quotidien. Les motivations restent fortement ancrées : 57 % des consommateurs évoquent la préservation de la santé comme première motivation, et 38 % la préservation de l'environnement. La santé redevient une motivation centrale notamment chez les jeunes consommateurs : 36 % des répondants associent le « bien manger » à une alimentation qui ne porte pas atteinte à la santé, soit une hausse de 7 points par rapport à 2024.
© Agence Bio Le baromètre propose pour la 1ère fois une lecture régionale de la consommation de produits biologiques, laquelle montre une disparité dans la consommation des produits bio selon les régions, en fonction de leurs caractéristiques socio-démographiques. Dans les paniers, la reprise est principalement portée par certaines catégories de produits : les fruits et légumes tirent la croissance.
Une confiance dans le bio qui se renforce malgré des freins persistants
Les fondamentaux de perception du bio restent très solides puisque 74 % des Français considèrent que les produits biologiques sont meilleurs pour la santé et 80 % d'entre eux estiment que l'agriculture biologique contribue à préserver l'environnement, les sols et les ressources naturelles.
La confiance dans le bio se renforce, notamment chez les jeunes. Plus d'un Français sur deux associe spontanément le bio à des valeurs positives. Les consommateurs accordent par ailleurs une confiance croissante aux acteurs de proximité, comme les petits producteurs, aux AMAP et aux petits commerçants. Toutefois, des obstacles demeurent. Le prix reste le premier frein à la consommation pour les nonconsommateurs et les consommateurs de bio. Les doutes sur l'authenticité du caractère biologique des produits constituent le deuxième frein majeur. Cette nouvelle édition du baromètre permet de mettre en évidence la confusion entre bio et produits locaux, la méconnaissance des labels et des certifications. Si la notoriété du label AB reste très élevée, et que celle du label Eurofeuille croît (66% en 2025 contre 35% en 2015), la compréhension précise de ce qu'il recouvre doit encore être renforcée. Ces résultats confirment la nécessité de poursuivre le travail d'information et de pédagogie sur les bienfaits du bio, ses modes de production et ses contrôles.
Les premières estimations du marché bio en 2025 confortent les tendances de consommation
Les premiers résultats de l'évaluation du marché bio montrent une croissance de la consommation de produits bio à domicile de l'ordre de 3 à 4% en 2025. Cette croissance repose sur tous les circuits. La grande distribution, dont les ventes de bio étaient en baisse depuis 2021 (-13% entre 2021 et 2024), présente une croissance de +2% en valeur. Les autres circuits maintiennent leur croissance retrouvée dès 2022 : +7% dans les magasins bio, +5% en vente directe, +0,5% chez les artisans-commerçants. La reprise de la demande doit être mise en perspective avec les difficultés de l'offre. Pour la première fois, le nombre de producteurs engagés en agriculture biologique recule (-0,6%). La situation fragile de l'amont des filières, notamment de l'élevage, pourrait déstabiliser la souveraineté alimentaire acquise en bio.
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