La 62e édition du Salon international de l'agriculture 2026 a fermé ses portes hier, dimanche 1er mars, sur une nette baisse de fréquentation. Au total, 437 406 visiteurs ont été comptabilisés, contre 607 503 l'an dernier, soit un recul de près de 27 %. Un chiffre également éloigné du record de 703 000 visiteurs atteint en 2014. Cette édition 2026 « restera un salon pas comme les autres », notamment en raison de l'absence des bovins — une première en 62 ans — a déclaré hier Jérôme Despey, président du CENECA. Dès les quatre premiers jours, la fréquentation affichait déjà une baisse d'environ 25 %. « Le contexte était un peu particulier », a-t-il reconnu. Cette baisse pourrait également s'expliquer par le calendrier des vacances scolaires, qui coïncidaient cette année pour les trois zones, ainsi que par une météo particulièrement pluvieuse.
© Jeunes Agriculteurs
L'édition a surtout été marquée par l'annonce, vendredi, par Ursula von der Leyen, présidente de la commission européenne, de l'application provisoire de l'accord avec le Mercosur, ratifié la veille par l'Uruguay et l'Argentine. Une décision qui a provoqué de vives réactions du côté des syndicats agricoles, lesquelles se sont rassemblées sur le stand de l'Union européenne pour dénoncer ce qu'elles qualifient de décision « anti-démocratique inacceptable ».
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, s'est exprimé vendredi au micro de plusieurs chaînes de télévision, dénonçant « un déni de démocratie » après l'expression du Parlement européen. « Elle s'est assise sur le Parlement et sur la décision de justice que rendra la CJUE après la saisine réalisée. Elle abîme ce qu'est aujourd'hui le fonctionnement européen », a-t-il déclaré, avant de prévenir : « Nous sommes déterminés à protéger la production en Europe. » Il a par ailleurs appelé Emmanuel Macron à « réagir fermement ».
« Encore une fois, Ursula von der Leyen n'a pas respecté les agriculteurs », a également indiqué Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, aux côtés de la FNSEA.
« Pour la France, c'est une surprise et une mauvaise surprise », a réagi Emmanuel Macron vendredi, assurant qu'il serait « intraitable » ne défendra « jamais un accord qui est laxiste à l'égard de ce qu'on importe et dur à l'égard de ce qu'on produit chez nous ».
Accord UE-Mercosur : je ne défendrai jamais un accord qui est laxiste à l'égard de ce qu'on importe et dur à l'égard de ce qu'on produit chez nous.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) February 27, 2026
Nous serons intraitables sur le respect des garanties que nous avons obtenues pour protéger nos agriculteurs et les Français. pic.twitter.com/4SJghLvhap
De son côté la Confédération paysanne a annoncé que les mobilisations reprendraient « de plus belle ».