Les noix californiennes sont expédiées dans le monde entier, et le Moyen-Orient constitue l'un des débouchés majeurs pour la filière. « Nous expédions beaucoup vers Dubaï », explique Bill Carriere, de Carriere Farms. Une partie de ces volumes est destinée au marché local, mais l'émirat joue surtout un rôle de plateforme commerciale régionale. « Depuis Dubaï, les produits sont ensuite réexpédiés vers des pays voisins où nous ne pouvons pas livrer directement, notamment l'Iran. La ville accueille de nombreux négociants, mais surtout des partenaires très fiables. Ils respectent leurs contrats et prennent à leur charge une grande partie des risques pour les expéditeurs californiens. Cela en fait une destination d'expédition très sûre. »
Des coûts logistiques sous pression
La guerre en cours perturbe toutefois les flux de noix californiennes à destination du Moyen-Orient. Les expéditions sont actuellement interrompues non seulement vers les Émirats arabes unis, mais aussi vers l'Irak, la Jordanie, Israël, le Liban, le Qatar, l'Arabie saoudite et le Koweït. « Nous expédions normalement directement vers tous ces pays », précise Bill Carriere.
En cause notamment : la fermeture du détroit d'Ormuz, axe maritime stratégique qui conditionne l'accès à la région. Par ailleurs, les compagnies d'assurance ont relevé leurs primes en raison de l'augmentation des risques, tandis que le coût du carburant maritime devrait progresser avec la hausse attendue des prix du pétrole. L'ensemble de ces facteurs pourrait peser lourdement sur le coût global du transport maritime. Les navires déjà en mer pourraient également devoir être déroutés, générant des frais supplémentaires liés au déchargement, aux droits portuaires ou encore à la manutention. Si les conteneurs restent immobilisés dans les ports en attendant d'être redirigés ou récupérés par les clients, les frais de surestaries pourraient rapidement devenir conséquents. Carriere Farms se considère toutefois chanceuse dans ce contexte. « Nous n'avons aucun conteneur en mer actuellement. Tout est arrivé avant samedi et a été payé », indique Bill Carriere.
© Carriere Farms
Une récolte reportée
L'ampleur de l'impact dépendra en grande partie de la durée de la crise. « Nous devons résoudre cette situation rapidement avant qu'elle ne devienne catastrophique », estime Bill Carriere.
La principale préoccupation concerne les volumes encore non engagés : environ 20 % de la récolte californienne de noix n'est pas encore contractualisée. « Si les expéditions vers le Moyen-Orient restent interrompues, toute la filière se demande quelle part de la récolte 2025/2026 devra être reportée sur la prochaine campagne et à quel prix », explique Bill Carriere.
La situation est d'autant plus incertaine que la saison chilienne doit débuter prochainement. Le Chili expédie lui aussi des volumes significatifs vers le Moyen-Orient.
En cas d'arrêt prolongé des importations dans la région, certains marchés locaux pourraient se retrouver en manque d'offre, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix. « Mais pour l'instant, il ne s'agit que de spéculations. Il y a trop d'inconnues et nous pourrions ne pas obtenir de réponses à nos questions avant un certain temps », conclut Bill Carriere.
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Bill Carriere
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