© SAPPALors du salon Gulfood 2026, les discussions avec les visiteurs ont confirmé une tendance de fond : la noix de pécan s'impose progressivement sur la scène internationale. « L'émergence des noix de pécan sur les menus du monde entier était évidente », observe RP Campher, économiste agricole à l'Association sud-africaine des producteurs de noix de pécan (SAPPA). Selon lui, un nombre croissant de marchés manifestent désormais leur intérêt pour ce fruit à coque.
À l'heure actuelle, l'essentiel des exportations sud-africaines est destiné à la Chine. En 2025, près de 94,7 % des volumes y ont été expédiés, majoritairement sous forme de noix en coque. La demande y est particulièrement forte à l'approche du Nouvel An chinois.
« Les besoins de la Chine en noix de pécan ont considérablement augmenté, notamment parce que le pays a développé de nouveaux produits intégrant cet ingrédient », explique RP Campher. « La Chine cherche également à réexporter des noix de pécan vers d'autres régions, notamment le Moyen-Orient et l'Europe. »
Cette orientation vers le marché chinois s'est imposée ces dernières années, tandis que de plus petits volumes sont écoulés sur le marché européen et sur le marché domestique. Selon la SAPPA, ces deux débouchés devraient toutefois gagner en importance à mesure que la production sud-africaine progresse, aux côtés de nouveaux marchés à conquérir.
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Source : Pecanomics 2025
La production sud-africaine de noix de pécan a été multipliée par quatre au cours de la dernière décennie. La récolte débute généralement en mai, lorsque les feuilles tombent, et les premiers conteneurs quittent le pays à partir de juin.
« Avec l'augmentation de nos volumes, nous cherchons activement à développer de nouveaux marchés pour les noix de pécan sud-africaines », indique Cobus van Rensburg, directeur général de la SAPPA. « Nous attendons entre 52 000 et 55 000 tonnes cette année, et un nombre important d'arbres n'a pas encore atteint l'âge de production. Les volumes devraient continuer à augmenter jusqu'en 2030 et au-delà. »
Dans le même temps, la production de noix de pécan aux États-Unis et au Mexique a reculé, notamment en raison de la sécheresse et des ouragans qui ont touché l'État américain de Géorgie. Parallèlement, la consommation mondiale progresse, ce qui ouvre des perspectives pour la filière sud-africaine. « Cette situation crée une opportunité pour l'Afrique du Sud », estime Cobus van Rensburg.
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En 2025, l'Afrique du Sud a produit 16 % de la récolte mondiale de noix de pécan.
Vers un assouplissement des limites de résidus de nickel en Europe ?
L'industrie sud-africaine se montre également optimiste quant à une reprise des exportations vers l'Union européenne. Celles-ci sont actuellement suspendues depuis l'introduction d'une nouvelle réglementation européenne concernant les résidus de nickel autorisés sur les noix de pécan.
L'UE a fixé une limite maximale de 3,5 ppm, un niveau jugé trop bas par la SAPPA. Le nickel est en effet reconnu comme un micronutriment essentiel, impliqué dans plusieurs processus physiologiques de la plante.
Pour étayer sa position, l'association a analysé des échantillons provenant de vergers à travers toute l'Afrique du Sud, qu'ils aient été traités ou non. « Même dans certains vergers qui n'ont jamais été pulvérisés, les résultats dépassent la limite de 3,5 ppm », souligne Cobus van Rensburg, rappelant que les sols sud-africains sont naturellement riches en nickel.
Les filières de la noix de pécan en Argentine et aux États-Unis soutiennent également cette position. Ensemble, elles ont soumis à Bruxelles une demande visant à relever la limite à 10 ppm, un seuil déjà appliqué à d'autres fruits à coque tels que les châtaignes, les pignons de pin, les noix, les noix du Brésil ou encore les noix de cajou.
La question devait être soumise au vote de la Commission européenne le mois dernier. « Nous pensons être en mesure de reprendre les expéditions vers l'Europe en 2026 », conclut Cobus van Rensburg.
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Pour plus d'informations :
South African Pecan Nut Producers' Association
Tél. : +27 21 250 1692
[email protected]
https://www.sappa.za.org/