Alors que la guerre au Moyen-Orient entraîne une hausse rapide des coûts de l'énergie, le gouvernement a réuni ce 12 mars à Bercy les représentants agricoles ainsi que les acteurs des secteurs des carburants et des engrais afin d'évoquer l'envolée du prix du gazole non routier (GNR). Comme l'explique BFM TV, cette réunion intervient au lendemain d'une annonce faite à la sortie du Conseil des ministres par la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l'énergie, Maud Brégeon, qui avait indiqué que l'exécutif recevrait rapidement les représentants du monde agricole pour faire le point sur la situation.
Autour de la table figuraient notamment la ministre de l'Agriculture Annie Genevard et Maud Brégeon, mais aussi les principaux syndicats agricoles — FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale et Confédération paysanne — ainsi que des représentants des filières des carburants et des engrais.
Cette réunion intervient alors que les prix de certaines matières essentielles pour l'agriculture ont fortement augmenté depuis le début du conflit. Selon les chiffres évoqués lors de l'ouverture de la réunion par Annie Genevard et relayés par BFM TV, le prix du gazole non routier utilisé pour les tracteurs est passé de 1,28 euro à 1,71 euro le litre, tandis que le prix des engrais est passé d'environ 450 euros à plus de 510 euros la tonne en une dizaine de jours.
Pour la ministre de l'Agriculture, ces évolutions viennent accentuer les difficultés d'un secteur déjà fragilisé par la conjoncture. « Il convient de rappeler que la France ne souffre pas de problème de disponibilité de GNR. Il faut le dire clairement. Des hausses trop rapides et brutales qui ne reflètent pas les prix du marché sont néfastes pour notre sécurité alimentaire et nos agriculteurs », a déclaré Annie Genevard à l'ouverture de la réunion.
De son côté, la ministre déléguée chargée de l'Énergie a averti que l'exécutif resterait attentif à l'évolution des prix. « Il y a une évolution des prix qui est en partie justifiée, mais nous ne tolérerons aucun abus », a déclaré Maud Brégeon à la presse à l'issue de la rencontre, citée par BFM TV. Elle a également insisté sur la nécessité que « les baisses soient répercutées aussi vite que les hausses » lorsque les cours se détendent.
Le gouvernement a par ailleurs rappelé que le GNR bénéficie déjà d'un niveau de taxation réduit pour les agriculteurs. « Le GNR est un carburant déjà très aidé par la solidarité nationale, il est beaucoup moins taxé (...) c'est plus d'un milliard d'euros dans le dernier budget », a ainsi souligné Annie Genevard.
Aucun dispositif de soutien spécifique n'a toutefois été annoncé à ce stade par le gouvernement. Les autorités comptent pour l'instant sur une stabilisation du marché et sur une répercussion rapide d'éventuelles baisses des cours de l'énergie.
Source : bfmtv.com