Le marché mondial du concombre est actuellement marqué par des contraintes de production liées aux conditions météorologiques ainsi que par les transitions saisonnières de l'offre. En Europe, les difficultés d'approvisionnement en Espagne ont initialement soutenu les prix, avant que l'amélioration progressive des volumes et l'arrivée des productions d'Europe du Nord ne provoquent un repli des cours.
En Espagne, une forte humidité et la pression de parasites ont entraîné une production irrégulière et des volumes réduits jusqu'à la fin février. En France, la saison a débuté légèrement plus tôt que l'an dernier, avec des conditions plus favorables dans le nord du pays, tandis que les régions méridionales ont été davantage affectées par la météo. Des campagnes promotionnelles devraient débuter prochainement pour soutenir la demande.
En Allemagne, l'arrivée des concombres nationaux et l'augmentation des livraisons en provenance des Pays-Bas et de la Belgique ont accru les disponibilités et entraîné une baisse des prix, même si les produits espagnols dominent encore le marché. Une transition saisonnière comparable s'observe en Italie, où la Sicile fournit actuellement les volumes d'hiver, tandis que la production du Latium et du nord du pays devrait débuter entre la fin mars et avril.
Aux Pays-Bas et en Belgique, un début de mois de mars exceptionnellement doux a favorisé la production et augmenté les volumes. Les producteurs ayant recours à l'éclairage artificiel ont d'abord bénéficié de prix élevés, mais les cours ont récemment reculé avec la hausse de l'offre : aux enchères belges, les prix sont passés d'environ 1 € par pièce en semaine 7 à près de 0,48 € en semaine 10. En Autriche, le manque d'ensoleillement en février a retardé la récolte, mais la qualité reste jugée satisfaisante et la demande stable, d'autant que la baisse des volumes espagnols soutient l'intérêt pour les produits nationaux.
En dehors de l'Europe, la situation reste contrastée. En Amérique du Nord, les contraintes d'approvisionnement liées notamment au gel en Floride et aux retards de plantation en Géorgie maintiennent les prix à un niveau élevé malgré une demande relativement modérée, tandis que le Mexique assure la continuité de l'offre pendant la transition entre les régions de production. En Afrique du Sud, les pluies persistantes et le manque d'ensoleillement ont réduit la production dans les régions à pluviométrie estivale, dans un contexte de demande soutenue et de prix élevés sur plusieurs marchés.
© Viola van den Hoven-Katsman | FreshPlaza.fr
Allemagne : l'arrivée de l'offre nationale pèse sur les prix
Avec l'arrivée des premiers concombres allemands et l'augmentation des livraisons en provenance des Pays-Bas et de la Belgique, le marché a connu une nette évolution. Les concombres espagnols dominent encore l'offre, mais leur part de marché recule progressivement à mesure que les volumes européens augmentent. Cette hausse de la disponibilité s'est traduite par un recul sensible des prix. Les lots grecs, présents notamment sur les marchés de Berlin et de Munich, ont également vu leurs tarifs diminuer.
Les concombres allemands sont proposés dans les calibres 350/400 g et 400/500 g et trouvent rapidement preneur. Un producteur basé dans la région maraîchère de Knoblauchsland, près de Nuremberg, s'attend à des volumes comparables à ceux de l'an dernier. « Les prix de départ sont environ 10 % plus élevés que l'année dernière, mais ils ont déjà tendance à baisser avec l'augmentation des volumes disponibles », explique le producteur. Les premières promotions en grande distribution devraient débuter autour de la semaine 12. Parallèlement aux concombres classiques, les premiers mini-concombres allemands sont déjà commercialisés.
Italie : transition entre production hivernale et campagne de printemps
En Italie, le marché du concombre reste très saisonnier. Un grossiste d'un grand marché du nord du pays rappelle que la demande est particulièrement soutenue pendant les mois chauds. En hiver, l'offre est plus limitée. De décembre à mars, la Sicile constitue la principale zone d'approvisionnement, avec un prix de gros d'environ 2 euros par kilogramme. La production du Latium devrait débuter vers la fin du mois de mars, suivie peu après par celle du nord du pays, notamment dans les serres de la province de Vérone, en Vénétie, un pôle majeur de production où la récolte s'étend généralement d'avril à octobre.
Selon les données de l'ISMEA, le prix moyen à la production des concombres de serre s'élevait à 1,10 € par kilogramme en février 2026, soit une baisse de 18,5 % par rapport au mois précédent. Malgré ce recul, les prix restent supérieurs de 20,5 % à ceux de février 2025. La tendance à la baisse s'est poursuivie début mars, avec un prix moyen de 1,08 € par kilogramme lors de la première semaine, soit -4,4 % sur une semaine, mais toujours +53,6 % sur un an.
Autriche : récolte retardée après un mois de février peu ensoleillé
En Autriche, plusieurs producteurs signalent que le manque d'ensoleillement en février a retardé les récoltes. Certaines régions ont enregistré un ensoleillement deux fois inférieur à celui de l'année précédente. Malgré ce décalage, les volumes et la qualité sont jugés satisfaisants. La demande reste soutenue pour plusieurs légumes de serre, notamment la laitue et les mini-concombres. « Nous constatons une forte demande, probablement liée à la baisse des volumes et aux problèmes de qualité observés en Espagne », indique un producteur. Les prix se situent légèrement au-dessus de ceux de l'an dernier, en ligne avec l'inflation et la hausse générale des coûts.
Pays-Bas : des volumes en hausse après un début de mars très doux
Aux Pays-Bas et en Belgique, un début de mois de mars exceptionnellement chaud, avec des températures proches de 20 °C, a favorisé la production. Après un hiver sombre, l'ensoleillement récent a été particulièrement bénéfique pour les cultures. Depuis le début de l'année, les prix sont restés élevés, profitant dans un premier temps aux producteurs utilisant l'éclairage artificiel. Cet hiver, les lampes LED ont été largement remises en service. Plusieurs producteurs avaient déjà lancé leur production dès l'automne ou au début de l'année.
Depuis la fin janvier, de plus en plus de producteurs sans éclairage artificiel sont entrés en production. Ceux qui ont démarré tôt ont bénéficié de prix élevés. Les producteurs européens constatent également que les conditions météorologiques extrêmes dans les régions méridionales perturbent les flux d'importation et affectent la qualité des produits. Début mars, l'augmentation des volumes a entraîné une baisse progressive des prix. Sur les ventes aux enchères de la Fédération des coopératives horticoles belges, les cours sont passés d'environ 1 € par pièce en semaine 7 à 0,48 € en semaine 10. Les prix sur le marché libre ont encore reculé récemment avec l'augmentation de l'offre.
Espagne : humidité et parasites perturbent la production
En Espagne, les producteurs sous serre du sud du pays ont été confrontés à des conditions climatiques difficiles, marquées par une forte humidité et la présence de parasites. Ces facteurs ont affecté la nouaison et la maturation des fruits, entraînant une production irrégulière et des volumes réduits jusqu'à la fin février. Malgré une surface plantée plus importante cette saison, les prix sont restés élevés pendant une grande partie de la campagne, notamment pour les concombres. Les exportateurs ont toutefois dû faire face à des situations délicates, certains programmes n'ayant pas pu être entièrement honorés faute de volumes suffisants.
Après avoir dépassé les 2 € par kilogramme aux enchères d'Almería début février, les prix ont nettement reculé ces dernières semaines pour atteindre environ 0,55 € le 10 mars.
France : un début de campagne légèrement anticipé
En France, la saison du concombre a démarré dans un contexte de marché favorable. Les premiers volumes français sont arrivés dès la deuxième semaine de février, soit légèrement plus tôt que l'année précédente. Les conditions de production varient selon les régions. Les zones méridionales ont été affectées par une météo moins favorable, tandis que les régions du nord ont bénéficié de conditions plus propices, notamment au cours des dix derniers jours, ce qui a soutenu les ventes.
Des campagnes promotionnelles devraient débuter prochainement, ce qui pourrait encore stimuler la demande. La consommation de concombre a d'ailleurs progressé l'an dernier en France, avec une hausse d'environ 16 % par rapport à la moyenne 2022-2024. Pour l'instant, les prix restent jugés satisfaisants, même si une certaine vigilance s'impose face à la pression exercée par les produits concurrents arrivant sur le marché.
Amérique du Nord : prix élevés malgré une demande modérée
En Amérique du Nord, le marché se caractérise actuellement par une demande relativement faible mais des prix élevés, dans un contexte de contraintes d'approvisionnement.
Au Honduras, plusieurs producteurs ont réduit les surfaces plantées après des rendements décevants lors des saisons précédentes et face à la concurrence croissante du Mexique. Aux États-Unis, un épisode de gel survenu en Floride fin janvier a affecté l'offre, tandis que la récolte de printemps démarre lentement. En Géorgie, les plantations ont également été plus tardives cette année. Le Mexique continue d'assurer l'essentiel de l'approvisionnement pendant la transition entre les zones de production, tandis que la Californie dispose également d'une production, majoritairement destinée au marché à l'ouest du Mississippi. Les concombres anglais cultivés sous serre bénéficient d'une demande croissante et de prix en hausse.
Plusieurs facteurs expliquent la faiblesse de la demande : le contexte économique, des conditions météorologiques froides et neigeuses aux États-Unis, ainsi qu'un intérêt croissant des consommateurs pour les produits de salade prêts à consommer. Les prix de détail ont fortement augmenté. Les concombres mexicains entrant par McAllen et Nogales atteignent environ 41,40 € par caisse pour les gros calibres. Les concombres standards se situent autour de 31,28 € par caisse, tandis que les petits calibres avoisinent 33,12 €.
Afrique du Sud : une offre limitée par les pluies
En Afrique du Sud, la production de concombres a été affectée par des pluies persistantes et un manque d'ensoleillement dans les régions à pluviométrie estivale. La demande reste toutefois soutenue et les prix demeurent élevés, autour de 0,77 € par kilogramme. Sur le marché de Gauteng, un agent indique que l'offre est actuellement très limitée. « Nous n'avons pratiquement plus de volumes sur le marché aujourd'hui, à l'exception de la deuxième catégorie », explique-t-il.
Les concombres extra-larges de première catégorie se négocient entre 12,30 et 12,77 € la caisse de quinze pièces, les concombres larges entre 11,35 et 11,82 €, et les calibres moyens entre 10,00 et 10,45 €. Au KwaZulu-Natal, un sac de dix concombres se vend environ 5,50 €, un niveau jugé satisfaisant pour les producteurs.
Semaine prochaine : le gingembre