Dans de nombreux vergers destinés à l'export, les coups de soleil entraînent une baisse progressive de la part de fruits classés en catégories supérieures. Lors des étés chauds, les pertes peuvent atteindre 10 à 30 % lorsque la température à la surface des fruits dépasse les seuils critiques, avec un impact direct sur les revenus à l'hectare.
Avec la multiplication des épisodes de chaleur au-delà de 35 °C, ce phénomène devient de plus en plus fréquent. Sous un ensoleillement intense, la température des fruits peut dépasser de 10 à 15 °C celle de l'air ambiant, en particulier sur les zones les plus exposées du couvert végétal. Cette surcharge thermique affecte rapidement le fonctionnement des arbres : fermeture des stomates, ralentissement de la transpiration et baisse de la photosynthèse. Ces signes apparaissent souvent bien avant les premiers dégâts visibles.
Les conséquences varient selon les cultures. Les agrumes peuvent présenter des lésions de l'épiderme, les raisins des nécroses et un flétrissement des baies, tandis que les poires, les fruits à noyau, les olives ou encore les noix subissent des pertes de rendement parfois importantes lors d'épisodes de chaleur intense.
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Anticiper pour préserver la valeur commerciale
Les coups de soleil se développent en plusieurs phases. À des températures très élevées (environ 52 °C), les tissus sont irrémédiablement endommagés. À des niveaux légèrement inférieurs mais prolongés (45 à 49 °C), des brunissements apparaissent, entraînant un déclassement du fruit. Un troisième type de dommage, dit photo-oxydatif, survient lorsque des fruits auparavant ombragés sont soudainement exposés après une taille ou une perte de feuillage.
Dans tous les cas, une fois les symptômes visibles, la perte de valeur est déjà actée. L'enjeu consiste donc à maintenir la température des fruits en dessous des seuils critiques avant l'apparition des dommages.
Des signaux précoces à surveiller
Les vergers présentent généralement des signes de stress thermique avant que les dégâts ne deviennent visibles. Le suivi du couvert végétal permet d'anticiper les risques.
Des indicateurs simples peuvent être utilisés sur le terrain : écart de température entre feuilles et air ambiant mesuré au thermomètre infrarouge, enroulement ou affaissement des feuilles aux heures les plus chaudes, ou encore différences marquées entre fruits exposés et fruits à l'ombre.
Certaines zones sont plus sensibles, notamment les jeunes plantations, les rangs récemment taillés, les bordures de parcelles ou les rangées orientées à l'ouest, particulièrement exposées à la chaleur de l'après-midi.
Un impact économique rapide
L'effet des coups de soleil sur la rentabilité peut être significatif. Dans un verger de pommes produisant 60 tonnes par hectare, une dégradation de seulement 15 % des fruits vers une catégorie inférieure peut représenter plusieurs milliers d'euros de pertes en une saison.
Les coûts de récolte, de conditionnement et de stockage restant identiques, la baisse de valeur se traduit directement par une réduction de la marge.
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Des solutions pour limiter les pertes
Plusieurs leviers sont utilisés pour réduire les risques : films de kaolin, filets d'ombrage, systèmes de refroidissement par aspersion ou encore revêtements réfléchissants pulvérisables, comme Cropshader Orchard, qui permettent de limiter l'échauffement des fruits et du feuillage.
Les observations de terrain montrent que même une baisse modérée de la température de surface peut suffire à réduire significativement le déclassement des fruits. Dans certains cas, faire passer les pertes liées aux coups de soleil de 15 % à 5 % permet de récupérer plusieurs tonnes de fruits de qualité supérieure par hectare, compensant ainsi le coût des solutions mises en place dès la première saison.
Dans un contexte de récurrence accrue des vagues de chaleur, ces stratégies de protection s'imposent progressivement comme un levier économique clé pour les producteurs.
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